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Critiques / Danse

Jiri Kylian à l’Opéra de Paris

par Yves Bourgade

Un langage gestuel en perpétuel renouvellement

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Le public parisien a été privé d’une création du médiatique Benjamin Millepied et de la dernière œuvre majeure du britannique consacré Antony Tudor The leaves are fading, mais n’a pas perdu au change, avec le programme Jiri Kylian que le Ballet de l’Opéra de Paris propose en remplacement.
Avec cette affiche composée de trois pièces de chacune 25 minutes dont deux sont des entrées au répertoire, Symphonie de Psaumes, de 1978 et Tar and feathers, de 2006 et la reprise de Bella figura, de 1995, on a une idée de la variété du langage gestuel de Kylian et de son perpétuel renouvellement sur pas loin de trente ans.
Pour ce chorégraphe tchèque (né en 1947) qui échappe au classicisme rigide de la danse et que l’on pourrait toutefois qualifier de néo-classique, l’important est de développer les inflexions du corps humain avec un maximum de musicalité. « La musicalité, c’est vivre la musique en la ressentant pleinement », affirme-t-il volontiers.
On retrouve cette préoccupation dans la façon dont il traite Symphonie de Psaumes sur la musique de Stravinsky, une chorégraphie qui est, selon lui, une « architecture spirituelle » et qu’il a imaginée pour le Nederlands Dans Theater, dont il venait de prendre la direction artistique. Pendant la durée de l’exécution, les danseurs occupent tous le même espace, ce qui les oblige à encore davantage de cohésion, à avoir conscience d’appartenir à la même aventure, de partager les mêmes croyances, d’échanger aussi. Le ballet n’est pourtant pas narratif, mais il est axé sur la communication entre les êtres, sur un fond de plateau recouvert de tapis orientaux.

Moins évidente, peut-être, est ce que Kylian veut faire passer comme message dans Tar and feathers sur une musique métissée, un mélange de Mozart, de musique électronique et d’improvisations sur scène par une pianiste juchée sur un mirador. Il a imaginé sa pièce pour six danseurs évoluant par couple, comme « une métaphore de -l’insoutenable légèreté - et du - poids insoutenable- de notre existence sur notre minuscule planète » dit-il. A chacun de trouver cette intention…
D’avantage convaincante est la démonstration voulue dans Bella figura sur des musiques truffées de suspensions harmoniques de cinq compositeurs des XVIIème et XVIIIème siècles : une interrogation sur l’ambiguïté de la représentation théâtrale entre réalité et imaginaire. Kylian signe dans un espace aéré non seulement une chorégraphie pleine d’inventions, de contorsions des corps, mais aussi les décors, principalement de lourds rideaux souvent en mouvements. Lumières et costumes tiennent une également grande place et concourent largement à la réussite d’un ensemble où l’on va de surprise en surprise pour l’œil et l’oreille.
Avec les deux entrées au répertoire de Symphonie des Psaumes et Tar and feathers , le Ballet de l’Opéra de Paris compte désormais à son répertoire neuf ballets du chorégraphe tchèque.

Palais Garnier, 6, 8, 13, 14, 16, 20, 21, 23, 24, 27, 28, 29, 30 et 31 décembre 2016, à 19h30
10,11, 17 décembre 2016, à 20h
18 décembre 2016, à 14h30
Places de 10 à 143 €
Durée 2 heures

Photos © Ann Ray ONP : Bella Figura et Tar and Feathers

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