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Portraits / Danse

Jean Babilée

par Yves Bourgade

Disparition d’un danseur de haut vol

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« Mort d’un jeune homme », « Eternel Jeune Homme » titraient deux quotidiens nationaux français pour annoncer le décès le 30 janvier 2004 à 90 ans de Jean Babilée. Ils avaient tous deux raison. Ce danseur et chorégraphe a conservé jusqu’à un âge avancé une allure de jeune homme, mais dans la mémoire collective, en dépit d’une longue carrière, il reste avant tout le créateur en 1946 d’un rare ballet du XXème siècle passé à la postérité, Le Jeune Homme et la Mort, argument de Jean Cocteau, chorégraphie de Roland Petit sur une musique de Jean-Sébastien Bach.

Comme Nijinsky qui entra dans la légende par ses bonds dans Le spectre de la rose , Jean Babilée est devenu définitivement étoile en interprétant le pas de deux du Jeune homme et la Mort par lequel il a affirmé aussi sa nécessité de s’aventurer vers d’autres horizons que la danse académique.
Un photographe qui s’est attaché au monde de la danse, Serge Lido a saisi en action Jean Babilée et a largement contribué à la constitution d’un mythe avec sa photo de ce danseur bondissant dans le ciel au-dessus du Théâtre des Champs Elysées. Il porte la salopette du ballet de Roland Petit, son casque de cheveux se défait, il sourit content de ses muscles entrainés. C’était en 1946. En 1953, propulsé danseur étoile de l’Opéra de Paris pour une année, un photographe de Paris Match le surprend dans un entrechat époustouflant : il est à au moins soixante centimètres du faîte du toit du Palais Garnier en costume de ville, l’air heureux.

Jean Babilée est né le 3 février 1923. Son vrai patronyme est Gutman. Il a pris celui de sa mère comme nom de scène.
IL a été formé de 1936 à 1940 à l’Ecole de danse de l’Opéra de Paris qu’il quitte pour les Ballets de Cannes, ensuite le maquis. La paix revenu il signe sa première chorégraphie Sérénité avec Nathalie Philippart qui deviendra sa première femme et avec laquelle au sein des Ballets des Champs Elysées il crée notamment Le jeune Homme et la Mort. En 1949 il quitte cette compagnie de Roland Petit.
Commence alors une carrière qui le mènera à être en scène jusqu’en 2003 (il a alors 80 ans) dans Il n’y a plus de firmament de Josef Nadj.
Infatigable, aventureux, doué certes mais entretenant son don, avec son éternel air de gosse de Paris rusé et une infinie bienveillance, il multipliera pour le plaisir d’un public fidèle les expériences comme danseur, comédien pour le cinéma, et le théâtre, chorégraphe, et directeur de compagnies de danse.

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