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Georges Balanchine

par Yves Bourgade

Un constructeur de danse pure

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A un moment de sa vie, peu avant la Deuxième Guerre mondiale, George Balanchine, véritable auteur de constructions de danse pure, a choisi les Etats-Unis comme nouvelle patrie, après que ce danseur et chorégraphe exilé russe (né en 1904) eut commencé à se faire connaître dans la Vieille Europe.
Le Ballet de l’Opéra de Paris, qui lui avait alors préféré son compatriote Serge Lifar, comme lui révélé par les fameux Ballets Russes de Serge Diaghilev, a cependant toujours un peu déploré la distance qu’avait prise Balanchine et aussi, peut-être, regretté son peu d’insistance à le retenir.
Depuis sa mort en 1983, on se rattrape et la vénérable compagnie française danse toutefois à Paris davantage ses chorégraphies que celles de Lifar. Actuellement, trente et une de ses œuvres dansées sont inscrites au répertoire du Ballet de l’Opéra de Paris.
Cette saison 2016-2017, deux programmes sont consacrés entièrement au chorégraphe russo-américain et les élèves de l’Ecole de danse de l’Opéra de Paris montent une de ses chorégraphies, Divertimento no 15 (1956) sur la musique de Mozart pour leur spectacle annuel (31 mars - 4 avril 2017, Palais Garnier).
La version dansée signée par Balanchine du Songe d’une nuit d’été sur la musique de Mendelssohn, un des rares ballets narratifs du chorégraphe qui date de 1962, entrera au répertoire du Ballet de l’Opéra de Paris lors du deuxième programme (11 - 29 mars 2017, Opéra Bastille).
Le premier programme (quatre pièces) qui est à l’affiche du Palais Garnier jusqu’au 15 novembre 2016, illustre magnifiquement la définition de Balanchine : « danser c’est donner à voir la musique ». Le chorégraphe ne cherche pas pour autant à illustrer la musique de la pièce choisie, il donne plutôt à voir une partition (sa structure rythmique, son développement harmonique, sa mélodie). On est en pleine abstraction, ce qui conduit à une danse d’autant plus épurée.
Pour une troupe comme celle du Ballet de l’Opéra de Paris qui tout en étant ouverte à la création de son temps, doit sa réputation à la conservation d’une certaine tradition. Cette programmation Balanchine permet au Ballet de revenir à l’essentiel : les pas d’école appris selon la technique russe que Balanchine n’a pas craint pour autant d’outrepasser, en se jouant de cette technique. Le chorégraphe récuse pourtant le terme d’abstraction appliqué à sa danse : ses ballets sont seulement pour lui « plongés dans l’utilisation du corps, de la personne et de l’âme humaine ».

Ce premier programme Balanchine de la saison 2016-2017 permet par la même occasion à la compagnie de rendre hommage à une danseuse française disparue en 2016, Violette Verdy, qui, après avoir été danseuse « Principal » du New York City Ballet, fut Directrice de la Danse de l’Opéra de Paris de 1977 à 1980. A ce poste et ensuite comme professeur invité, elle sensibilisa la troupe parisienne et les « petits rats » au style balanchinien qu’elle illustra par sa musicalité et son piquant, qualités qui avaient inspiré Balanchine, notamment en 1975, pour le ballet Sonatine pour deux solistes, sur la musique de Ravel qui est repris.
Deux entrées au répertoire marquent surtout ce premier programme : Mozartiana, de 1981, sur la 4eme Suite en sol majeur de TchaÏkovski et Brahms-Schoenberg Quartet de 1966, sur le Quatuor de Brahms orchestré par Schoenberg, avec des costumes nouveaux (à dominantes de noir et blanc) et une toile de fond (une façade de palais en camaïeu) de Karl Lagerfeld. Violin Concerto de 1972 sur le concerto de violon de Stravinsky complète l’affiche.
La conservation de la mémoire des pas et des mouvements en danse étant chose délicate, l’Opéra de Paris a fait appel comme d’habitude pour ce premier programme à des danseurs qui ont travaillé au New York City Ballet avec Balanchine, Maria Calegari (Mozartiana) et Bart Cook (Violin Concerto). Deux « anciens » qui sont susceptibles de sensibiliser les danseurs du Ballet, par exemple aux en-dehors poussés à l’extrême, aux positions hanchées, aux combinaisons acrobatiques, à la rapidité d’exécution en accord avec les tempi de la musique etc …
Les distributions de ce premier programme varient selon les représentations. Mais on retiendra comme solistes Dorothée Gilbert, Mattieu Ganio et Arthus Raveau, pour Mozartiana et les tandems Eléonora Abbagnato et Audric Bezard, Marie-Agnès Gillot et Hugo Marchand, pour Violin Concerto, ainsi qu’un corps de ballet motivé.

Photos programme Brahms, Schönberg, Quartet ©Sébastien Mathé/ONP

Palais Garnier, 27, 28 octobre 2016, 2, 3,4,5, 7,9, 11, 12, 14, 15 novembre 19h30, 1er novembre 14h30, 10 novembre 2016 20h30
durée 2h30
places de 10 € à 143 €.
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