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Critiques / Danse

Forsythe, Maliphant, Millepied

par Yves Bourgade

Des formes minimales par le Ballet de l’Opéra de Lyon

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Si en matière de danse, classique ou contemporaine, vous prisez les ensembles, mieux vaut vous abstenir d’aller voir le Ballet de l’Opéra de Lyon en représentation ce printemps 2018 à Paris pour le Théâtre de la Ville. Si en revanche vous aimez les formes faisant appel à un nombre réduit de danseurs, le programme qu’il présente à l’Espace Pierre Cardin, après Lyon et en tournée est vivement recommandable.
Dans le paysage culturel français, cette compagnie de danse toujours dirigée par Yorgos Loukos, est unique et au fil des ans s’est constituée un répertoire de ballets qui ont beaucoup de chance de s’y maintenir et témoignent de la non-stagnation de la danse occidentale. Cette présence du Ballet de l’Opéra de Lyon est l’occasion de rappeler le souvenir de Françoise Adret qui vient de mourir et qui a établi les solides bases de cette compagnie dont elle fut la directrice de 1985 à 1992.
Les trois chorégraphies affichées jusqu’au 12 mai 2018 à Paris, ont comme points communs, outre d’être pour un petit nombre de danseurs, de s’appuyer sur des musiques inspirées. Les signataires de ces pièces appartiennent à des générations différentes et n’ont pas suivi le même parcours, mais ont en commun de solides bases classiques : l’Américain William Forsythe est né en 1949, le Britannique Russell Maliphant en 1961 et le Français Benjamin Millepied en 1977.
Forsythe est présent avec « Steptext » pour quatre danseurs sur la chaconne de la 4ème Sonate pour violon seul en ré mineur de Bach. Trois danseurs hommes sont aux prises avec une danseuse en rouge. Il est loisible d’y voir la construction des mouvements poussés dans leurs extrémités. D’aucuns estiment que cette pièce de 1985 est un « manifeste radical de son art ».
Avec « Critical Mass » pour deux danseurs, Maliphant s’inspire du taï chi, du yoga et de la danse contemporaine et joue avec subtilité de l’ombre et de la lumière dont les interventions sont signées par Michael Hulls, sur une musique de Andy Cowton et Richard English .
Dans « Sarabande », pour quatre danseurs sur des extraits de la Partita pour flûte seule et de Sonates et Partitas pour violon seul de Bach, Millepied puise dans les figures de la danse classique et dans des gestes du quotidien toujours en écho avec la musique. Une invitation à la rêverie.

Espace Pierre Cardin à Paris, jusqu’au 12 mai, durée 1h30, places à 31 et 36€

© Blandine Soulage

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