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Festival d’Automne à Paris

par Yves Bourgade

35 ans de créations pour un « Portrait » d’Anne Teresa de Keersmaeker

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Tout au long de 35 ans de créations, le constat, chez Anne Teresa de Keersmaeker d’une stricte rigueur de forme, d’un mariage étroit avec toutes sortes de musique et une vaste liberté de pensée, suffisent à justifier la présence cette année au Festival d’Automne à Paris d’un « Portrait » dédié à cette chorégraphe belge, née en 1960.

A ses débuts, on a cru voir dans cette créatrice « la nouvelle Pina Bausch » ; or Anne Teresa de Keersmaeker n’a rien de commun avec la théâtralité et l’expressionnisme de sa collègue allemande, son aînée de 20 ans.

« Mon partenaire de prédilection était et restera la musique » explique la chorégraphe belge, « mais j’ai aussi passé beaucoup de temps en studio à travailler en silence pour tenter de capter la musicalité inhérente au mouvement pur. Je me réfère ici à un de mes principes de prédilection : my walking is dancing (comme je marche, je danse) », précise-t-elle. Et elle ajoute : « les rythmes propres du corps (les battements du cœur, la respiration), le rythme maîtrisé de la marche, sont à la base de la structuration et de la musicalité du mouvement dans le temps et dans l’espace ».

Onze pièces différentes de mi-septembre 2018 à mi-décembre 2018 et un « Slow Walk » dans les rues du centre de Paris, le 23 septembre, seront proposées par ce « Portrait » du Festival d’Automne qui devrait permettre de témoigner de « la persistance de la démarche d’Anne Teresa de Keersmaeker, de son renouvellement, de son maintien en alerte et de sa vivacité ».

A cet évènement du Festival d’Automne est naturellement associé la compagnie Rosas de la chorégraphe qui la constitua au début des années 80 dès sa sortie de l’école Mudra de Maurice Béjart à Bruxelles. S’y joindront notamment pour le « Slow Walk » d’anciens et d’actuels étudiants de son école P.A.R.T.S. (Performing Arts Research and Training Studios), installée aussi à Bruxelles depuis sa création en 1995.

Pour Anne Teresa de Keersmaeker, « la marche est de la danse à l’état pur » et le « Slow Walk » est « à la fois méditation et invitation à ralentir son corps et son esprit et ainsi à pratiquer l’espace urbain selon une nouvelle perspective ».
Le « Portrait » permettra de mesurer le chemin parcouru par la chorégraphe depuis son premier opus « Fase, Four Movements to the Music of Steve Reich » (1982), épure minimaliste faite de quelques gestes qui se répètent, s’entremêlent et déphasent sur la musique du compositeur américain, œuvre que l’on pourra voir au Centre Pompidou les 19 et 22 septembre 2018.

De la même période date « Rosas danst Rosas » (1983) qui est une pièce-manifeste essentiellement féminine dans laquelle des mouvement s abstraits constituent la base d’un riche contrepoint chorégraphique dominé par la répétition. Cinq localités d’Île-de-France et Paris accueilleront « Rosas danst Rosas » entre le 28 septembre 2018 et 13 octobre 2018.

Avec « Achterland », œuvre charnière de 1990, on pourra mesurer la transformation du minimalisme des premières pièces auquel s’ajoutent une gamme de mouvements de plus en plus vaste et complexe et une intégration des musiciens dans la dynamique scénique (à Créteil, du 16 au 18 octobre 2018 et à St-Quentin en Yvelines, le 20 décembre 2018).

La quête d’une écriture chorégraphique qui capture l’essence même du langage du compositeur, en l’occurrence Jean-Sébastien Bach dans ses six « Suites pour violoncelle seul », est au cœur de « Mitten wir im Leben sind Bach6Cellosuiten » (2017). Sur scène sont réunis le violoncelliste Jean-Guilhen Queyras, trois danseurs et deux danseuses dont Anne Teresa de Keersmaeker (Philharmonie de Paris, 17, 19 novembre 2018).

On retrouvera encore la recherche par la chorégraphe d’une intégration des musiciens dans la dynamique scénique dans « Vortex Temporum » (2013) sur la musique à la complexité mathématique de Gérard Grisey. Sept danseurs proposent un contrepoint dansé à sept instrumentistes dans le même espace en suivant un réseau tourbillonnant de cercles enchevêtrés (Bobigny, 22 au 24 novembre 2018).

Le 47ème Festival d’Automne ne limite pas son affiche danse à un seul chorégraphe. Il a contribué à la présentation, de fin septembre 2018 à la mi-décembre 2018, principalement à Paris, de sept autre créateurs (chorégraphes ou performeurs) : deux Japonais Saburo Teshigawara et Takao Kawaguchi, deux Brésiliens Bruno Beltrao et Lia Rodriguez, la Polonaise Ola Maciejewska, la Marocaine Bouchra Ouizguen et le Français Noé Soulier.

Renseignements et réservations au 01 53 45 17 17 et www.festival-automne.com.

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