Accueil > Ecole de Danse de l’Opéra de Paris

Critiques / Danse

Ecole de Danse de l’Opéra de Paris

par Yves Bourgade

Les « petits rats » comme leurs aînés

Partager l'article :
Version imprimable de cet article Version imprimable

C’est un moment fort et émouvant de la saison de l’Opéra de Paris qui pousse à l’optimisme sur le plateau et dans la salle : le spectacle annuel de l’Ecole de Danse du Ballet de l’Opéra de Paris.
Moment fort, car on voit à l’œuvre le travail de transmission, en grande partie orale, qui s’est perpétué depuis l’institution de cette Ecole par Louis XIV en 1713.
Moment émouvant pour les élèves, les « petits rats », comme affectueusement on les appelle, car ils affrontent généralement les feux de la rampe pour la première fois.
Emotion, c’est celle aussi des familles qui contribuent par leur soutien aux enfants à l’accomplissement d’un rêve, d’une vocation.
Emotion par ailleurs dans le public notamment des amateurs de danse qui devinent ou cherchent celles et ceux qui sortent déjà du rang, un public qui ne peut rester indifférent à un spectacle déjà pleinement professionnel où les plus âgés des élèves dansent comme leurs ainés et surmontent les difficultés des pas et des orientations du corps de la danse classique.
Le spectacle annuel est différent chaque saison. Cette année les trois œuvres au programme proposent un voyage dans les styles et techniques de plusieurs époques auxquels sont formés les 150 élèves venant de onze pays.
Vocabulaire baroque et danse contemporaine sont mariés sur les rythmes de différents emprunts à Rameau dans la pièce « D’ores et déjà » (une création de 2013 pour l ‘Ecole) qui rappelle que la création contemporaine peut se nourrir de la danse baroque originelle. Pour cette « variation chorégraphique » sont associés une spécialiste de la danse baroque Béatrice Massin et un chorégraphe contemporain Nicolas Paul, par ailleurs sujet du Ballet de l’Opéra de Paris. Sur le plateau est disposé un immense cadre doré matérialisant le passage du passé au présent, le passage de l’enfance à l’âge adulte que les danseurs suggèrent en franchissant constamment la bordure du cadre.
Avec « Conservatoire » d’August Bournonville (1805-1879) sur la musique de Paulli, on assiste à une classe de ballet avec « pas d’école et variations ». C’est un divertissement qui illustre le style chorégraphique de la tradition franco-danoise, le Danois Bournonville formé en partie à Paris avant de retourner au Danemark où s’est conservé le pur style français des années romantiques qui refuse l’effet, la pose et l’outrance et préfère l’élégance raffinée des » des gestes .
« Les deux pigeons » d’après la fable de La Fontaine du même titre, ballet signé en 1886 pour le Ballet de l ‘Opéra par Louis Mérante (1828-1887) sur une musique de Messager et remonté en 1919 par Albert Aveline (1883-1968), sont interprétés pour la sixième fois depuis 1978 par l ‘Ecole de Danse. C’est un témoignage de la tradition qui se dansa et se transmit de la fin du XIX ème siècle au premier quart du XXème siècle, par le truchement de maitres de ballet et interprètes de la maison. Pas d’école, situations de mime et de danse de caractère y abondent dans les décors d’Alexandre Obolensky d’après les maquettes de la création.

Palais Garnier 29 mars 2019, 1er, 3 et 4 avril 2019 , durée 2h35, places de 10 à 65€

© Ecole de danse de l’Opéra de Paris

Le Mur d'affiches


Visitez le Mur d'Affiches...

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.