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Critiques / Théâtre

ELLES

par Corinne Denailles

L’art de la digression

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Jean-Jacques Vanier poursuit ses interrogations philosophiques d’un pas tranquille et carrément décalé en complicité avec François Rollin. Ces deux-là forment un duo bien accordé pour écrire des spectacles acidulés, poétiques qui usent de l’absurde pour débusquer les impasses existentielles et les plus cruelles sur un ton drolatique. Depuis le délicieux Envol du pingouin, auquel on s’est attaché, on connaît l’inimitable ligne musicale de la voix de Vanier, nonchalante, faussement monocorde, signe de son inadaptation au monde, dont souffrait déjà son pingouin. Clown blanc mélancolique, Buster Keaton moderne, Vanier nous entraîne dans une histoire absolument loufoque qui démarre sur une question de lacet et de vendeuse de chaussure particulièrement accorte et qui soulève à une interrogation fondamentale : comment fonctionnent les femmes ? Pour le savoir, son anti-héros soumet ses copains et sa propre femme à des expériences censées l’éclairer. Se mettre à leur place pour mieux comprendre l’autre et finir par conclure que l’intérêt des relations humaines résident justement dans la différence. Mais au fond peu importe le sujet car chez Vanier tout le sel est dans la digression. Il y a du Woody Allen dans ce personnage maladroit, jamais à la bonne place, qui réfléchit trop et dans cette manière de mettre en scène les situations en les commentant en voix off. Vanier, inclassable comme son personnage si attachant, occupe une place singulière dans le paysage des humoristes.

ELLES de Jean-Jacques Vanier et François Rollin, mise en scène François Rollin, avec Jean-Jacques Vanier. A la Pépinière théâtre. Du mardi au vendredi à 21h, samedi à 16h. Tel. 01 42 61 44 16. Durée : 1h30.

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