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Critiques / Théâtre

Douce vengeance et autres sketches de Hanokh Levin

par Corinne Denailles

Sens et non-sens

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L’écrivain israélien Hanokh Levin est surtout connu en France grâce à Kroum l’ectoplasme, une comédie grinçante encore récemment mise en scène avec une rare acuité par Krystof Warlikovski, et aussi Yaacobi et Leidenthal dont Michel Didym avait donné, il y a quelques années, une version réjouissante. Cet auteur, prématurément disparu en 1999, était très prolixe et outre ses pièces politiques, mythologiques et ses comédies plus ou moins grinçantes, il aimait à écrire des sketches pour cabaret où l’on retrouve le ton incisif et l’humour de ses pièces politiques. Un esprit caustique fait pour plaire au jeune metteur en scène bulgare Galin Stoev, qui affectionne les univers un peu décalés comme dans La Festa de l’italien Spiro Scimone qu’il a mis en scène la saison dernière, ou Genèse n°2 du russe Iva Viripaev créé au festival d’Avignon 2007. Les sujets sont plus extravagants les uns que les autres. Un magicien ne veut pas remettre ensemble les morceaux de la femme qu’il a coupée en deux ; un jeune homme se sent abandonné dans l’hôtel où il vient d’arriver et cherche la protection d’une mère en la personne du veilleur de nuit ; une maîtresse d’école assure à une mère d’élève que la terre est plate et que l’Australie n’existe pas… De petites histoires apparemment anecdotiques, banales, qui mettent en scène notre solitude, nos angoisses existentielles, la misère de l’homme sans Dieu, notre pauvre condition humaine. Fils et ordinateurs encombrent le plateau nu, signe d’une communication virtuelle artificielle qui enfonce chacun encore plus dans son isolement. Les acteurs sont eux-mêmes encombrés d’étranges et énormes valises en bois, peut-être le bagage intérieur qu’on emmène partout avec soi, jusqu’à ce qu’on parvienne à « poser les valises ». Pour interpréter ces personnages sans envergure, quasi transparents, il fallait le talent de Claude Mathieu, Loïc Corbery, Serge Bagdassarian, Adrien Gamba-Gontard et Judith Chemla. Un spectacle doux-amer plein d’humour, aux confins de l’absurde et du désespoir.

Douce vengeance et autres sketches, de Hanokh Levin, mise en scène Galin Stoev avec Claude Mathieu, Loïc Corbery, Serge Bagdassarian, Adrien Gamba-Gontard et Judith Chemla. Au studio théâtre à 18h30, jusqu’au 20 avril. Durée : 1h15. Tél : 01 44 58 98 58.
www.comediefrancaise.fr

crédit photo : Cosimo Mirco Magliocca

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