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Critiques / Théâtre

Disgrâce d’après le roman de J.M. Coetze

par Corinne Denailles

Trahison

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Les lecteurs de ce magnifique roman de l’Africain du Sud J.M. Coetze se sont probablement réjouis d’apprendre qu’il allait être porté à la scène mais ils ont dû déchanter en voyant ce que le metteur en scène hongrois en a fait. Il déclare avoir vu un rapprochement entre la situation décrite en Afrique du Sud et celle de son pays. Soit ! A travers l’histoire de cet universitaire blanc plongé dans une descente aux enfers pour avoir séduit l’une de ses étudiantes, c’est le problème des impossibles relations entre les Blancs et les Noirs qui est posé, deux mondes antagonistes livrés à la violence parce qu’ils ne peuvent communiquer. Mundruczó n’a retenu que cela, la peur et la violence d’une société en plein désarroi. Il ne reste rien de la beauté et de l’intelligence du roman. Le spectacle confond provocation gratuite et engagement politique en assénant des scènes trash, oubliant que faire du mot à mot, c’est ânonner bêtement. On aura beau multiplier les scènes de viol et les détails sordides, la surenchère dans ce domaine n’a qu’un seul résultat, donner la nausée. Quid du sens ? Peut-être eût-il fallu prendre un peu d’altitude au lieu de se vautrer dans le premier degré. Il ne reste qu’à retourner au roman pour se consoler de tant de vulgarités.

Disgrâce d’après le roman de J.M. Coetze, mise en scène Kornél Mundruczó, dramaturgie Viktória Petrányl ; scénographie et costumes, Márton Agh ; musique János Seemenyel ; lumières, Zoltán Rigó ; technique et lumières, András Éltetö ; son, Zoltán Belényesi ; vidéo, Zoltán Gyorgyovics ; avec Gergely Bánki, János Derzsi, László Katona, Lili Monori, Roland Raba, B. Miklós Székely, Janos Szemenyei, Orsi Tóoth, Kata Wéber, Sándor Zsótér. Durée ; 2h05. Festival d’Avignon 2012.

© Christophe Raynaud de Lage

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