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Décès de l’étoile Yvette Chauviré

par Yves Bourgade

La "quintessence de l’école française"

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Un communiqué très officiel émanant de l’Opéra de Paris, de son directeur , de la directrice de la danse et du personnel , a annoncé le 20 octobre 2016, le décès à Paris de l’ancienne étoile Yvette Chauviré, à l’âge de 99 ans.
C’est dire la place que tient dans la mémoire de l’Opéra de Paris cette danseuse dont le Larousse de la danse affirme justement : « danseuse élégante, précise et raffinée, elle incarne la quintessence de l’école française ».
Et pourtant Yvette Chauviré ne fut pas toute sa carrière fidèle au Ballet de l’Opéra de Paris où elle avait été toutefois élève de son Ecole de danse et avec lequel elle avait fait ses adieux à la scène en 1972, se consacrant ensuite jusqu’à un âge avancé à faire travailler ses étoiles. Elle avait fait son entrée dans le Corps de Ballet en 1931 et en avait été nommée étoile en 1941, époque où le nombre d’étoiles était très limité.
Pour les balletomanes qui ont eu la possibilité et la chance de la voir danser, elle fut sans contexte une inoubliable Giselle, personnage du ballet éponyme, romantique par excellence et devenu un thème de référence de la création chorégraphique.
Sa réputation comme étoile fut internationale, car après la deuxième guerre mondiale Yvette Chauviré fit alterner collaborations avec le Ballet de l’Opéra de Paris et carrière de par le monde, d’abord dans le sillage de son maître Serge Lifar à Monte-Carlo, puis en étoile invitée pour les grands rôles du répertoire classique et romantique. Elle triomphait autant pour sa plastique que pour son tempérament dramatique.
On ne peut limiter cependant cette étoile à Giselle, tant elle a attaché son nom à des créations de chorégraphies, surtout de Serge Lifar qui firent date et sont toujours dansées comme Suite en blanc (1943), Mirages de 1947 Istar (le ballet qui valut son titre d’étoile à Yvette Chauviré). Elle fut aussi la brillante protagoniste du Grand pas classique de Victor Gsvoski sur la musique d’Auber, un exemple de rigueur de virtuosité académique (1946).
Le film de Dominique Delouche Une étoile pour l’exemple témoigne aussi des talents d’Yvette Chauviré comme professeur d’interprétation, sensible à la dimension psychologique des rôles féminins et masculins travaillés par ses élèves.
Elle appartenait à ce petit lot d’artistes de la création et de la scène que la République Française a mis à l’honneur, en lui attribuant les grades de Grand Officier de l’Ordre de la Légion d’Honneur et de Grand Croix de l’Ordre du Mérite ainsi que de Commandeur des Arts et Lettres.

Photo : Yvette Chauviré dans « Le Grand pas classique » de Gsvoski sur la musique d’Auber (DR Opéra de Paris)

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