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Danse à Paris : d’une saison l’autre, toujours les américains

par Yves Bourgade

le NYCB au Châtelet et l’ABC à l’Opéra Bastille

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La saison de danse 2015-2016 à Paris s’achève, la nouvelle 2016-2017 se profile : les Etats-Unis y tiennent le haut du pavé. Une occasion de prendre la mesure de la manière dont Outre-Atlantique est vécue, revivifiée, remise en cause, selon les cas, de ce que l’on appelle la danse classique occidentale.
Le New York City Ballet (NYCB) se déploie sur la scène du Châtelet pour 20 représentations jusqu’au 16 juillet 2016 dans le cadre du festival des Étés de la Danse, dont c’est la 12ème édition..
L’American Ballet Theatre (ABT) investira le plateau de l’Opéra Bastille pour dix représentations du 2 au 10 septembre 2016, en ouverture de saison et à l’invitation du Ballet de l’Opéra de Paris.
Les liens entre cette dernière institution plus que tricentenaire et la danse américaine sont à ce point fort que le Palais Garnier accueille pendant tout l’été une exposition au thème significatif : Chorégraphes américains à l’Opéra de Paris (jusqu’au 25 septembre 2016).
Rappelons par ailleurs que jusqu’au 16 juillet 2016, le Ballet de l’Opéra de Paris programme, pour finir sa saison 2015-2016, dans ses deux salles, des chorégraphes américains dont deux bien vivants : l’ancêtre venu de Russie George Balanchine, le danseur et chorégraphe Justin Peck, né en 1988, à l’Opéra Bastille, et William Forsythe, né en 1949 avec une création au Palais Garnier.

Le NYCB au Châtelet

Plantons le décor. Le NYCB, créé en 1948 pour Balanchine définitivement installé aux Etats-Unis, reste le conservatoire de la danse telle que la concevait ce chorégraphe, né et formé en Russie à la rigueur des pas d’école qu’il a ensuite outrepassée.
Au Châtelet , la compagnie forte d’une centaine de danseurs se présente avec vingt chorégraphies, réparties différemment selon les représentations et signées Balanchine, des Américains Jerome Robbins, Peter Martins (seul directeur du NYCB depuis 1990), Christopher Wheeldon et Justin Peck, ainsi que par l’Ukrainien Alexeï Ratmansky.
A la recherche de la beauté formelle, Balanchine a tendu vers l’épure, ce qui l’a conduit à exiger une virtuosité technique transcendée par l’exigence de la maîtrise de ses interprètes, surtout féminines. Cette virtuosité, jamais gratuite, fait toujours la singularité de la troupe actuelle du NYCB, 33 ans après la mort du fondateur. On dit d’ailleurs qu’il a contribué à l’« américanisation » du ballet.
Bien qu’il a signé peu de pièce à thème (il privilégiait l’élément dansé et s’écartait de la narration dramatique), il a aussi joué un rôle important dans l’évolution de la comédie musicale américaine où il a contribué à introduire la danse classique. On ne s’étonne donc pas de trouver parmi ses suiveurs, inscrits à l’affiche du Châtelet, Jerome Robbins, le populaire auteur de la chorégraphie de West side story. Autre chorégraphe dansé à Paris par le NYCB et qui ne dédaigne pas la comédie musicale : Christopher Wheeldon qui pour le Châtelet a récemment signé la chorégraphie de « Un Américain à Paris ».

L’ABT à l’Opéra Bastille

Si le NYCB est souvent venu en France (depuis la mort de Balanchine, en 1983, 1989, 1995, 2008), l’ABT est absent de Paris depuis 25 ans.
Ses deux fondateurs en 1940, d’abord sous le nom de Ballet Theatre, la danseuse et mécène Lucia Chase et le décorateur Oliver Smith, sont moins connus que Balanchine, mais en établirent les principes de fonctionnement et les objectifs ambitieux : être pour les Américains le musée des meilleures chorégraphies mondiales interprétées par les plus grands danseurs et être un lieu pratiquant une politique de commandes aux jeunes créateurs. La liste des membres ou artistes invités par l’ABT est impressionnante, ainsi que l’énumération des œuvres créées.
Pour sa prochaine venue à Paris sous la conduite de son actuel directeur depuis 1992, son ancien danseur principal Kevin McKenzie, l’ABT dansera La Belle au bois dormant sur la musique de Tchaïkovski, au plus poche de la version de sa création au théâtre Mariinski de Saint-Pétersbourg, par Marius Petipa en 1890. L’Ukrainien Alexeï Ratmansky, artiste en résidence à l’ABT, après avoir été directeur du Ballet du Bolchoï, a signé cette reconstitution dans les décors et les costumes commandés en 1921 par Serge Diaghilev Léon Bakst qui avait fastueusement ressuscité cette œuvre pour la première fois hors de Russie. A l’époque, le ballet ne fut pas un grand succès en dépit de 115 représentations et il mit Diaghilev au bord de la faillite. Depuis il a fait son chemin…

NYCB au Châtelet, Etés de la danse, jusqu’au 16 juillet 2016, 20h00 (sauf 10 juillet), et 9 et 16 juillet 2016, 14h30, de 20 à 130 €

ABT à l’Opéra Bastille, 2, 6, 7, 8, 9 septembre 2016, 19h3O, 3 , 10 septembre 2016 , 20h00, 3, 4 ,10 septembre 2016, 14h30, durée 2h50 ; de 5 à 154 €

Photo:Sérénade-Balanchine ©Paul Kolnik

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