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Critiques / Théâtre

Boliloc par Philippe Genty

par Corinne Denailles

Faisons un rêve

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Voilà quelques poignées d’années que Philippe Genty nous embarque périodiquement dans ces voyages intérieurs sans que jamais on ne se lasse. Même si c’est sa formation, il n’aime pas qu’on parle de lui comme d’un marionnettiste et il est vrai que, dans son cas, l’appellation est réductrice. Pas plus qu’il n’est magicien d’ailleurs, et pourtant c’est le commentaire qui vient à l’esprit quand on sort du rêve dans lequel il nous a entrainés. En revanche, on peut parler de rêve sans crainte de se tromper tant il est clair que c’est entre autres là son terrain privilégié d’exploration et de jeu. Un univers entre psychanalyse et contes de fée où les espaces se mélangent, les boîtes s’emboîtent, les objets s’escamotent, où l’on joue sur le grand et le petit. Entre les personnages et leurs doubles, tous les jeux de proportions sont possibles et donnent lieu à de magnifiques glissements progressifs du sens. Une ventriloque se laisse déborder par les marionnettes qu’elle anime et qui prennent vie, et voilà deux médecins qui opèrent une jeune femme (la ventriloque abriterait-elle dans son ventre des secrets ?) et découvrent, dans l’exploration intérieure de son corps, (dans laquelle on les suit sur un écran vidéo) le lieu des souvenirs interdits. Elle serait responsable de cette maison en flammes qui continue de brûler en elle. Tous se retrouvent dans une autre dimension, en pleine galaxie, chevauchant les planètes. Comme dans l’espace intérieur du rêve, les rencontres les plus improbables ont lieu, on ne comprend pas toujours, on s’interroge, on fabrique du sens sans y penser, pour un peu on serait les créateurs de ces images en technicolor qui nous absorbent, de cette poésie d’une obscure clarté, de ce comique absurde servi, en particulier, par Christian Hecq, un acteur exceptionnel, totalement irrésistible. Philippe Genty revisite un peu toujours les mêmes thèmes, normalement obsessionnels, mais à chaque fois dans une inventivité renouvelée. Que du bonheur.

Boliloc de Philippe Genty, mise en scène Philippe Genty et Mary Underwood avec Christian Hecq, Scott Koelher, Alice Osborne. Au théâtre du Rond-point jusqu’au 29 juin à 20h30, dimanche 15h. Durée : 1h30.
© Brigitte Enguérand

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