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Critiques / Danse

Au Ballet de Biarritz

par Yves Bourgade

Une évocation de la reine Marie-Antoinette

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Marie-Antoinette, la « reine martyre » qui fait toujours pleurer Margot, a été avant 1789 un tout autre personnage, jeune archiduchesse autrichienne transportée pour être dauphine et épouse de roi à la cour de France avec ses intrigues compliquées.
C’est ce premier versant de l’existence de cette princesse qu’a choisi de mettre en scène le chorégraphe Thierry Malandain dans « Marie-Antoinette » pour le Centre chorégraphique national-Ballet de Biarritz.
Cette pièce interprétée par une vingtaine de danseurs a été créée en Espagne à Saint-Sebastien et déjà dansée fin mars 2019 à l’Opéra Gabriel du château de Versailles, le lieu même où se maria le 16 mai 1770 Marie-Antoinette et le dauphin, futur Louis XVI, avant une tournée en France. Elle est composée d’une quinzaine de tableaux dont la compréhension de l’articulation réclame cependant un minimum de connaissances de cette période de l’histoire de la cour de France, au risque de perdre toute la saveur de l’évocation.
Qu’on en juge : on retrouve, outre la jeune reine et son époux, principalement Louis XV le grand-père de son mari, la maîtresse de ce dernier la du Barry, sa mère l’impératrice Marie-Thérèse d’Autriche, le comte de Mercy-Argenteau ambassadeur du Saint-Empire à Paris, le comte de Fersen et Adélaïde, Victoire et Sophie, trois des filles de Louis XV appelées Mesdames Tantes.
Jorge Gallardo a signé des costumes originaux aux couleurs vives en accord avec les caractères et aux lignes stylisant des formes anciennes (les robes à panier) qui permettent de reconnaître les protagonistes.
Thierry Malandain a limité son propos à la période versaillaise de la reine : le mariage contrarié par la pluie, la nuit de noce, une représentation d’un opéra, Marie-Antoinette au hameau à Trianon et dans les bals masqués à Paris, la naissance stylisée du premier enfant et l’apparition du sentiment maternel. Mesdames Tantes dénoncent le rôle néfaste de la comtesse du Barry. La présence de Marie-Thérèse par sa correspondance et son ambassadeur-espion suggèrent la pression du clan autrichien à la cour de Versailles et aussi la nostagie de la prime jeunesse viennoise de Marie-Antoinette.
Un montage de musiques symphoniques de jeunesse de Haydn que dit-on Marie-Antoinette appréciait, sert d’accompagnement et convient à la gestique de la danse baroque utilisée.
Claire Lonchampt, blonde danseuse longiligne, coiffée de tresses, somptueusement parée, interprète une Marie-Antoinette racée, toutefois spontanée et pleine de fantaisie.
Le ballet s’achève sur un tableau plus sombre : le tocsin, les portes de Versailles qui cèdent sous la pression de la foule et le claquement de la guillotine, la fin d’un monde.

Photos @Olivier Houeix

Opéra de Vichy, 5 et 6 avril 2019
Grand-théâtre de Bordeaux ,19 et 20 avril 2019
Opéra de Reims 25 et 26 mai 2019
Gare du Midi de Biarritz du 1er au 3 juin et du 7 au 9 août 2019.
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