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Critiques / Opéra & Classique

Andrea Chenier de Umberto Giordano

par Charles Rosenbaum

Renaissance d’un poète et d’un opéra oubliés

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Qui se souvient encore d’André Chénier pourtant auteur du très beau poème « La Jeune Captive » ? Qui connaît Umberto Giordano, compositeur d’un opéra superbe mais négligé ou oublié «  ANDREA CHENIER » ?

A Liège, l’Opéra Royal de Wallonie spécialisé dans le sauvetage d’ouvrages délaissés, propose « ANDREA CHENIER » , opéra qui connut un triomphe dès sa création à la Scala de Milan en mars 1896 puis qui tomba dans les oubliettes. Giordano, son compositeur, est un digne représentant de l’école vériste et son style est empreint de touches « pucciniennes » notamment de La Tosca ou de Manon Lescaut dont on retrouve les influences « ANDREA CHENIER ». Le mimétisme fonctionne et on s’en trouve fort aise. Tous les grands ténors Gigli, Pavarotti, Del Monaco, Corelli ont chanté, avec délectation le grand air de bravoure « come un bel di di maggio ».

Le librettiste Luigi Illica, qui fut également celui de La Bohème et de Tosca a imaginé une passion historique et amoureuse entre le poète de « La Jeune Captive ». André Chénier et Madeleine de Coigny. La Révolution Française et particulièrement La Terreur en constituent le principal décor. Même si on n’entrevoit pas la guillotine, il y a le Tribunal Révolutionnaire avec l’accusateur public Fouquier-Tinville, et l’on entend des bribes due « ça ira , de la « Carmagnole » et quelques accents de La Marseillaise ». Charles Gérard, laquais des Coigny, par revanche sociale, également par jalousie., prend le parti des révolutionnaires et menace les deux amants. Arrêtés pour trahison, ils sont transférés à la prison.. Enfin, Charles Gérard, ému par l’attitude de Madeleine, tente de sauver le poète. Mais la sentence tombe. André Chénier et Madeleine vont à la guillotine, en proclamant « Vive la Mort ensemble ».

Mise en scène sobre et efficace de Claire Servais dont on a apprécié le savoir faire dans un superbe « Eugène Onéguine » à Metz et dont on attend un « Nabucco » à Nice, en mai prochain
L’Australie est décidément terre des grandes voix : après Melba et Sutherland, elle nous fournit Julian Gavin, ténor convaincant, expressif, a donné son plein d’émotion au rôle titre. Le baryton coréen Ko Sang-hyoun bien connu à Montpellier et à Toulouse fut un Charles. Gérard à la voix solide et au jeu toujours juste ; Christina Piperno, en alternance avec Lisa Houben, défendit avec passion le rôle dramatique de Madeleine

ANDREA CHENIER, opéra en quatre actes Musique de Umberto Giordano, livret de Luigi Illica, créé le 28 mars 1896 à la Scala de Milan. Direction musicale Marco Zambelli, Orchestre et Chœurs de l’Opéra Royal de Wallonie, mise en scène Claire Servais, décors Dominique Pichou, costumes Christian Gasc.

Lisa Houben / Christina Piperno (Maddalena di Coigny), Julian Gavin Andréa Chenier), Liliana Mattei (Bersi, Ko Seng-hyoun Carlo Gérard), Mady Urbain (Contessa di Coigny), Liège - Opéra Royal de Wallonie - 9 au 17 février 2007

Photos : Jacky Croisier

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