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Pinocchio d’après Carlo Collodi

par Dominique Darzacq

Un mixte épatant (dès 5 ans)

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« Ne mens pas sinon ton nez va s’allonger », « si tu n’apprends pas bien tes leçons, tu finiras par avoir des oreilles d’âne ». Ces avertissements effrayants dispensés le plus souvent par nos grands-mères attestent assez bien de la gloire de Pinocchio, dont les mésaventures, par leur richesse et les pistes de réflexions qu’elles ouvrent, sont une inépuisable source d’inspiration. Raison pour laquelle, à peine sorti de l’encre satirique de l’italien Carlo Collodi notre pantin, « fabriqué dans un vulgaire morceau de bois, de ceux qu’on met dans la cheminée pour allumer le feu » fila courir le monde, sautant de pages illustrées en tréteaux, occupant sans cesse la scène comme l’écran pour nous raconter de toutes les manières ses tribulations initiatiques.

Au théâtre de Belleville, sous la houlette de Thomas Bellorini, il s’éclate en mixant tout ensemble les mots et les sons, le jeu et la narration, le théâtre, la danse, le cabaret et le cirque , le frisson de peur et la drôlerie en un kaléidoscope haut en couleur. Pinocchio fait du trapèze et la fée a pour baguette magique un accordéon. C’est que la musique orchestrée, sur scène, par Jo Zeugma au piano, à la guitare et aux percussions, non seulement accompagne mais participe des mésaventures auxquelles court tête de bois baissée notre pantin indiscipliné qui voudrait bien devenir un vrai petit garçon de chair et d’os. Un objectif bien difficile à atteindre quand on ne cesse de céder aux tentations qui détournent du chemin de l’école, qu’on fait tourner son vieux papa Geppetto en bourrique, et ne tient pas les promesses faites à la fée, d’aller à l’école et de ne plus mentir.

C’est à partir de la pauvre échoppe de Geppetto, dont la rusticité et les teintes sépias évoquent les belles et fortes illustrations de Roberto Innocenti (Gallimard), que s’inscrivent les avatars du naïf et fantasque Pinocchio. En fond de scène, sur le mur où dans le conte sont dessinés le feu et la marmite, des projections en direct illustrent en contrepoint certaines des aventures, tel le nez de Pinocchio qui s’allonge quand il ment ou encore, tirée par des ânes, la carriole qui l’emmènera au pays des jouets où la semaine compte six jeudis et un dimanche.

Mêlant le simple et triste lumignon et la farandole d’ampoules multicolores, la magie de la féerie et l’atmosphère ludique du cirque, Thomas Bellorini et sa troupe jouent avec bonheur sur tous les tableaux colorant de gaîté un conte cruel qui nous dit qu’il n’est pas si facile de grandir. Les bambins, yeux écarquillés n’en perdent pas une miette.

Pinocchio d’après Carlo Collodi adaptation et mise en scène Thomas Bellorini avec Brenda Clark, Jean-Philippe Morin, François Pérache, Zsuzsanna Varkonyi, Jo Zeugma 1h.
Théâtre de Belleville. Dès 5 ans. Tel 01 48 06 72 34
les mercredis 10h30, samedi 14h jusqu’au 31 décembre , les samedi 14 jusqu’au 31 janvier
Du mardi au dimanche à 10h30 pendant les vacances scolaires

Photo Pierre Dolzani

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