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Critiques / Théâtre

Le Sourire d’Audrey Hepburn de Clémence Boulouque

par Gilles Costaz

La star blessée

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Derrière la grâce d’Audrey Hepburn, l’actrice inoubliée de Vacances romaines et Sabrina, il ne pouvait y avoir que de la fragilité. Le cristal, c’est friable ! Clémence Bouloque s’était penché sur cette délicatesse quelque peu mystérieuse à travers un roman, dont elle a tiré une pièce à la demande d’Isabelle Carré. Le grand problème de la vie d’Audrey Hepburn, c’est son père, un fanatique des nazis, tout anglo-irlandais qu’il soit ! De quoi blesser à jamais une personnalité altruiste qui tentera de défendre les victimes de la guerre et les enfants malheureux tout au long de son existence. Le père et la fille avaient très tôt cessé de se voir. Mais, en 1964, Mel Ferrer organise à Dublin une rencontre où le père humilié et la fille devenue célèbre vont se parler à nouveau. La pièce imagine le monologue intérieur d’Audrey Hepburn peu après cette rencontre.
Le texte pourrait être plus violent mais il fait ainsi triompher la douceur sur la cruauté. Jérôme Kircher a pris le parti difficile (mais c’est le meilleur) d’un spectacle quasi immobile : la comédienne est sur un fauteuil, se déplace peu, tout est dans l’émotion du personnage. Isabelle Carré est, on le sait, une merveille de sensibilité. Elle peut parfois être trop emportée par trop de gentillesse, comme c’était le cas dans son dernier spectacle qu’elle avait elle-même mise en scène. Ici, cadrée rigoureusement, elle est sans cesse dans la justesse des tourments, qu’ils soient profonds et légers. Isabelle Carré dans ce texte, c’est l’élégance du jeu et des sentiments.

Le Sourire d’Audrey Hepburn de Clémence Boulouque d’après son roman L’Etat de grâce (Flammarion), mise en scène de Jérôme Kircher, décor de Thibaut Welchelin et Edouard Laug, costume de Thibaut Welchelin, lumières de Franck Thévenon, avec Isabelle Carré.

Théâtre de l’Oeuvre, 19 h, tél. : 01 44 53 88 88, jusqu’au 8 janvier. (Durée : 1 h15).

Photo Pascal Victor.

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