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Critiques / Opéra & Classique

La Cenerentola

par Charles Rosenbaum

Reprise d’un grand cru

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La Cenerentola de Rossini, mise en gags inattendus par Irina Brook, avait obtenu un vif succès en 2003 au Théâtre des Champs Elysées. Le panache de la talentueuse fille du grand Peter avait séduit. La reprise de sa production en confirme la joyeuse vitalité.

Irina Brook avait eu le culot de transposer l’action de la Cendrillon rossinienne dans un zinc des années trente, soit le "bistrot de Don Magnifico", supporter de football, mafioso à ses heures, père de deux chipies et beau-père de Cenerentola, la mal aimée... À sa création, le succès fut immédiat. Tout au plus, s’était-on interrogé sur l’opportunité des instruments anciens du Concerto Köln. L’Orchestre National de France de la version 2004 a balayé la question. Cette fois le chef Evelino Pido dirige des instruments d’aujourd’hui avec une fougue... débordante, qu’on aimerait brider un brin. Quant à la distribution, elle comble les attentes : Vivica Genaux, la mezzo soprano colorature venue d’Alaska, a laissé sa place à la blonde Elina Garanca, elle, originaire de la froide Lettonie. Cette nouvelle Cenerentola, applaudie dans la Dorabella du Festival de Salzbourg, tient joliment sa place et vocalise à merveille. On pourra, dès l’été prochain, l’applaudir dans le Cosi Fan Tutte de Mozart, mis en scène par Patrice Chéreau, au Festival d’Aix. Seules subsistent de l’affiche 2003, les deux “méchantes" : Carla di Censo (Clorinda) et Nidia Palacio (Tisbe)qui chantent et dansent fort joliment. Du coté masculin, les barytons sont parfaits : Nicolas Rivenq en Dandini, Andréa Concetti en Don Magnifico, Lorenzo Regazzo en Alidoro, sont drôles et lyriques à souhait. En Prince Ramiro, le jeune ténor Maxim Mironov est encore un peu vert mais ne manque pas d’assurance. La mise en scène d’Irina Brook a encore gagné en fantaisie et en justesse musicale qu’une piquante chorégraphie souligne avec esprit. Bref, le cru 2003 a vieilli comme le bon vin.

Orchestre National de France. Direction musicale Evelino Pido. Livret de Jacopo Ferretti. Mise en scène Irina Brook. Décors Noëlle Gineffri - Costumes Sylvie Martin-Hyszka. Chorégraphie Cécile Bon - Lumières Zerlina Hughes. Chœur du Théâtre des Champs Elysées. Chef de chœur Irène Kudela. Dernière, le mercredi 24 novembre à 19h30 . Préparation au spectacle à 18 heures. Théâtre des Champs Elysées. Réservations : 01 49 52 50 50. www.theatrechampselysees.fr. Diffusion sur France Musique le 1er janvier 2005 à 19 heures.

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