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Critiques / Jeune Public

LA BABA YAGA d’Héloïse Martin

par Dominique Darzacq

Une ogresse privée de casse-croûte

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Vivant au fin fond des forêts, dans une maison sans fenêtre qui ressemble à un mortier juché sur des pattes de poulet, la sorcière ogresse Baba Yaga est un personnage de la mythologie slave qui hante de nombreux contes russes et polonais. Comme les sorcières, avec ou sans balai, ont le pouvoir de sauter les frontières, après s’être introduite avec plus ou moins de bonheur sur les rayons de nos bibliothèques enfantines, la voilà qui installe sa marmite d’ogresse mangeuse d’enfants « rôtis, en ragoût ou en salade » sur les planches du théâtre, pour nous raconter de façon aussi drôle qu’émouvante, le voyage initiatique d’une petite fille russe.
Orpheline, Vassilissa, qui vivait en bordure de la vaste et profonde Taïga, était maltraitée et transformée en souillon du ménage par une méchante et acariâtre belle-mère : « Quand je lave, elle tempête, quand je frotte, elle rouspète ». Aidée d’une poupée, héritage de sa mère mourante, elle venait à bout des tâches les plus ingrates et difficiles, ce qui agaçait beaucoup la marâtre qui, pour se débarrasser d’elle, l’envoya chercher du feu chez la Baba Yaga. Flairant les mauvaises intentions de sa tortionnaire, la gamine, fine mouche, s’engage, non sans effroi, dans l’épaisse et noire forêt, munie de sa poupée qui encore une fois lui vient en aide pour résoudre les énigmes posées par la Baba Yaga. Privée d’un casse-croûte dont elle espérait se pourlécher, mais conquise par le courage et la magnanimité de Vassilissa, la sorcière lui donne non seulement le feu, mais aussi les moyens de se libérer de sa marâtre.
Présenté comme le cauchemar de l’héroïne, émaillé de comptines connues revisitées pour les besoins de la cause, le spectacle aussi bricolé qu’inventif, a le charme et la simplicité des jeux d’enfants. La Baba Yaga, à la fois sorcière et antre du rêve, a le look d’une Isba à pattes exténuée de temps, d’où émerge une langue ici, un doigt crochu là. La forêt, arbres de mousse stylisés, s’avance sur un minuscule chariot tiré par une crâne et pétillante Vassilissa qui modifie le décor au fil de pérégrinations au bout desquelles elle aura vaincu ses angoisses et forgé son identité.

La Baba Yaga d’Héloïse Martin, mise en scène Philippe Ferran avec Héloïse Martin et Hélène Gedilaghine à partir de 5 ans. Durée : 1h
=> du 19 au 30/10 du lundi au vendredi 16h30
=> les 21, 24, 28, 29, 30 et 31/12 à 16h30
=> Comédie Bastille 5 rue Nicolas Appert 75011 Paris

Crédit photo Joël Martin

Première publication le lundi 13 avril 2009.

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