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Critiques / Théâtre

Fumiers d’après un épisode de l’émission Strip-tease

par Corinne Denailles

Mais qu’est-ce qui pue donc tant ?

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Au milieu de la scène trône un gigantesque tas de fumier installé sur un tapis écossais du plus mauvais goût. Le metteur en scène Thomas Blanchard a repris un épisode de la série belge Strip-tease qui a rencontré un certain succès. Sous couvert de documentaire, de reportages sur la vraie vie, elle instrumentalisait les gens dont elle livrait la part la plus médiocre et rendait le téléspectateur voyeur de la misère humaine. Il est louable de vouloir montrer que les petits conflits de voisinage font les grandes guerres et que si l’on était capable de faire taire nos instincts primaires, la planète pourrait retrouver son calme. Mais était-il nécessaire pour ce faire d’aller chercher ce Fumiers qui ne sent pas bon même si sur scène il est inodore.
En deux mots, un conflit de voisinage entre une vieille paysanne rogue et un couple de parisien, bourgeois parvenus de la pire espèce, dont la résidence secondaire jouxte la ferme. Il se trouve que Madame est native du village et ancienne copine de la fermière Nicole, ce qui n’arrange rien. Dans la cour commune, pour marquer son territoire, Nicole déverse consciencieusement des brouettes de fumier. S’en suit procès, comité de soutien, insultes, et tutti quanti.
Le spectacle est une imitation caricaturale de l’original auquel il emprunte quasiment toutes les répliques. Beaucoup de clichés et des effets comiques qui tombent à plat. On n’est plus dans la téléréalité mais pas au théâtre non plus, le ressort dramatique faisant singulièrement défaut. Les Deschiens en leur temps avaient su inscrire leurs spectacles sur la ligne ténue entre moquerie et bienveillance, exercice complexe à forte teneur acrobatique où l’on risque la chute fatale.

Fumiers d’après un épisode de l’émission Strip-tease de Florence et Manolo d’Arthuys, adaptation et mise en scène Thomas Blanchard. Avec Thomas Blanchard, Flavien Gaudon, Olivier Martin-Salvan, Johanna Nizard, Christine Pignet, Julie Pilod, et en alternance Pauline Lorillard, Anne-Elodie Sorlin. Lumières, Sylvie Garot ; son, Thomas Laigle.
Au théâtre du Rond-point jusqu’au 2 octobre 2016 à 21h, dimanche à 15h. Résa : 0144959821
www.theatredurondpoint.fr

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