Ce que j’ai fait quand j’ai compris que j’étais un morceau de machine ne sauvera pas le monde

La pièce de Pascal Adam devrait gagner le prix du titre le plus long du Festival, mais derrière ce titre à rallonge se cache un spectacle culotté et définitivement allergique à toute catégorisation !

Ce que j'ai fait quand j'ai compris que j'étais un morceau de machine ne sauvera pas le monde

Il faudrait une bonne fois pour toute flanquer une contravention à toute personne qui ose dire qu’il n’y a pas d’auteur en France, Pascal Adam en est la preuve. Une preuve qui peut faire l’effet du poil à gratter pour ceux qui aiment ranger dans des dossiers archives au dos dûment étiqueté : auteur comique, auteur dramatique, auteur pessimiste, etc..
Pascal Adam nous entraine dans des histoires à ramifications diverses. Vous entendez le premier passage et à la fin vous vous rendez compte que vous n’avez pas arrêté d’ouvrir des poupées russes. Tout commence classiquement, un homme d’une trentaine d’années ressemblant à un séminariste new look, à moins que ce ne soit à un énarque de la culture, cheveux coupé court et costume noir, chemise grise, enfin avec l’uniforme du vrai petit communiquant de théâtre public, vient s’asseoir. Il lit le texte posé devant lui. Dés les premières minutes, on est pris dans la nasse de Pascal Adam, et si on s’échappe c’est pour mieux tomber dans un autre piège. On croit assister à une émission d’Arte en allemand non surtitré et l’on tombe sur le délire d’un homme marié qui fantasme sur Louise Hermosure, la Claire Chazal de ses rêves. Mais non, ce n’est pas cela, il s’agit bien de Joseph Vronsky qui nous joue un tour, puisqu’il est Joseph Vronsky. Le spectateur est constamment titillé, dérangé dans ses certitudes, dans ses reflexes. Vronsky et les autres vivent dans un monde injuste. Le texte est féroce, cruel, drôle dans ses décalages contrôlés, dans la collection de personnages qui sont autant de petits bouts de nous-mêmes. Vronsky et les autres font grève, et oui nous sommes en France, mais il nous met un film, de ces films de vacances que l’on doit subir chez des amis. Alors que l’on se laisse aller à chantonner une vielle chanson, il met des images terribles sur l’écran. Toute la vulgarité de la télévision qui se repait de la misère du monde. A la fin, Vronsky revient pour une dernière partie aussi étonnante que la première.
Pascal Adam a fait ce spectacle pour Fabien Joubert, le comédien qui donne à Vronsky son air inquiétant, il mène la danse de ce texte avec une maestria hallucinante. Un petit chef d’œuvre d’humour noir inclassable.

Ce que j’ai fait quand j’ai compris que j’étais un morceau de machine ne sauvera pas le monde
Texte et mise en scène de Pascal Adam avec Fabien Joubert
A la Caserne des Pompiers Festival OFF Avignon 2009

A propos de l'auteur
Marie-Laure Atinault
Marie-Laure Atinault

Le début de sa vie fut compliqué ! Son vrai nom est Cosette, et son enfance ne fut pas facile ! Les Thénardier ne lui firent grâce de rien, théâtre, cinéma, musée, château. Un dur apprentissage. Une fois libérée à la majorité, elle se consacra aux...

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