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Critiques / Théâtre

Brûlez-la de Christian Siméon

par Corinne Denailles

Zelda Fitzgerald, égérie et poison

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Christian Siméon et Michel Fau n’en sont pas à leur première collaboration. On se souvient de l’extraordinaire texte de Siméon, Hyène, que Michel Fau a interprété en 1997. Depuis ils ne se sont jamais perdus de vue. Ce spectacle est une commande du metteur en scène à l’auteur, sur une idée de la comédienne Claude Perron qui se voyait bien dans ce rôle démesuré, extravagant, de Zelda Fitzgerald, l’épouse de Scott, sa muse et son poison, celle qui est tapie dans l’œuvre du grand écrivain américain qu’elle a failli rendre fou comme elle. Ils formaient ce qu’on appelle un couple sulfureux des Années folles. Zelda internée dans un hôpital psychiatrique a péri dans l’incendie qui a détruit le bâtiment, elle avait 47 ans. Siméon voit dans cet incendie une métaphore de Zelda qui a brûlé comme une torche, dénuée de toutes inhibitions. Bombe sexuelle et fière de l’être, elle séduit tous les hommes, s’en joue sans vergogne et se moque du qu’en dira-t-on comme de sa dernière culotte. Elle est la provocation incarnée.
Claude Perron surgit en tutu et pointes du petit hôpital rose de la taille d’une maison de poupée et entame un monologue émaillé de scènes où intervient succinctement Scott (Bertrand Scholl). Un verre d’alcool dans une main, une cigarette dans l’autre, elle fait le récit du tourbillon de sa vie. Claude Perron est parfaite dans ce rôle qu’elle interprète dans une joyeuse et tragique dinguerie avec une extravagance qui sied bien au personnage. Malgré le talent de la comédienne, le récit n’a pas le relief attendu au regard d’une telle personnalité. Quelques scènes sont néanmoins très réussies, comme celle du bal où Zelda et Scott se rencontrent ; sûre de sa capacité de séduction, elle l’humilie, l’ignore, le fait tourner bourrique et le conquiert. Le match de tennis où elle n’hésite pas à faire un striptease pour gagner contre Ernest Hemingway, un adversaire plus fort qu’elle, est digne d’une scène burlesque. Claude Perron est tour à tour irrésistible de drôlerie et émouvante.

Brûlez-la de Christian Siméon, mise en scène Michel Fau, avec Claude Perron, Bertrand Scholl. Au théâtre du Rond-Point à 18h30 jusqu’au 19 juin 2016. Durée : 1h15.
www.theatredurondpoint.fr

© Thi Debadier

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