Vers les métamorphoses d’Etienne Saglio
Théâtre de l’illusion

Est-ce parce que le mouvement c’est la vie qu’Etienne Saglio a convoqué la métamorphose pour émerger d’une période personnelle difficile ? Depuis le jour de notre naissance, la métamorphose opère sur nous et, de transformation majeure en transformation mineure, nous construit. Les cartes sont sans cesse rebattues pour une nouvelle configuration de nous-mêmes, à notre insu. Le poète Ovide, dans Les métamorphoses, avait pour projet de raconter l’histoire de l’humanité à travers ses transformations. C’est dire la richesse de cette figure réelle, imaginaire et philosophique.
Etienne Saglio ne s’embarrasse pas des mots pour philosopher et rêver. Son univers prend les apparences de l’absurde ; pour peu que le spectateur accepte de se laisser embarquer, de larguer ses amarres, alors bon voyage !
Mais si vous vous attendez à voir une femme coupée en deux par un fakir louche ou un lapin surgir d’un chapeau, alors passez votre chemin. Vers les métamorphoses est bien autre chose et bien plus qu’un tour de magie à la papa.
Entouré de huit complices, techniciens et marionnettistes, Etienne Saglio déploie un savoir-faire poétiques et étranges où règne l’instabilité et où rien n’est jamais sûr. Les murs se déforment, les portes, qui n’en sont pas, apparaissent et se dissolvent, Une caverne luxuriante devient minérale, des personnages quittent la scène pour se promener dans le paysage projeté en ombres chinoises. On s’envole pour de vrai, ou presque. Une grande échelle semble avoir sa vie propre. A propos d’échelle, la boîte en carton aux couleurs vives, à tête d’oiseau et oreille de chien, qui accouche par la tête d’un humain (Gargantua est bien né de l’oreille de sa mère !), est à géométrie très variable. Le Grand Duduche lunaire de Cabu a trouvé un alter ego aux airs de Martien et aux membres démesurément longs et élastiques. Ce corps ectoplasmique à tête carrée dont les yeux balaient la scène de rayons lumineux, est un tendre, c’est sûr.
La pénombre du plateau contribue à l’ambiance mystérieuse et a pour fonction de masquer la technique pour laisser libre-court à la rêverie, un peu bousculée par la musique parfois musclée. Cependant, la scène est si sombre que parfois on ne distingue pas bien ce qu’il s’y passe. Plus qu’à un spectacle de magie, on assiste à un théâtre d’illusions où la technique fait des merveilles, mais où le point de vue et l’émotion ne trouvent guère leur place.
Vers les métamorphoses}. Création Etienne Saglio/Monstre(s). Interprète Etienne Saglio, Clément Dazin ou Antoine Guillaume, et le chien Messi. Dramaturgie et regard extérieur Valentine Losseau et Raphaël Navarro. Scénographie Benjamin Gabrié. Création musicale Madeleine Cazenave et Thomas Watteau. Création lumière Alexandre Dujardin. Régie lumière Alexandre Dujardin ou Laurent Beucher. Régie son Thomas Watteau ou Christophe Chauvière. Conception machinerie Simon Maurice. Conception vidéo Camille Cotineau. Régie vidéo Thibaut Servain. Régie générale et construction Yohann Nayet. Régie plateau Yohann Nayet ou Alexis Artero, Simon Maurice ou Benoit Desnos, Louise Bouchicot ou Matéo Leduc, Thomas Dilis ou Zoé Bouchicot. Création informatique Tom Magnier. Régie informatique Thibaut Champagne ou Nicolas Guichard. Réalisation des marionnettes, accessoires et costumes Louise Digard. Coachs animaliers Laura Martin et Pascal Tréguy. Au Théâtre du Rond-point jusqu’au 16 novembre. Durée : 1 heure. Photo Benjamin Guillement
Tournée
27 – 30 novembre 2025
MC93 / Bobigny (93)
4 et 5 décembre 2025
Opéra de Dijon (21)
16 et 17 décembre 2025
Le Carreau / Forbach (57)
22 et 23 janvier 2026
L’Hectare / Vendôme (41)
3 – 7 février 2026
Bonlieu / Annecy (74)
12 – 14 avril 2026
Le Figuier blanc / Argenteuil
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