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The Fountainhead (La Source vive) d’après Ayn Rand

par Jean Chollet

Le créateur face à la société

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Romancière russe, née en 1905 à Saint-Pétersbourg, Alissa Zinovvievna Rosenbaum a changé de patronyme lors de son exil aux Etats – Unis, en 1926, pour devenir Ayn Rand. Elle connaît son premier grand succès avec ce livre publié en 1943. Ce volumineux et foisonnant ouvrage porte traces de son rejet du communisme, et entre en phase avec les aspirations des libéraux américains. Il semble avoir été inspiré partiellement par la carrière du grand architecte Franck Lloyd Wright (1867-1959). Car ce long récit se situe essentiellement autour du contexte de la création architecturale, en ouvrant sur la position de l’artiste et du citoyen dans la société. Il s’articule surtout autour de cinq personnages. Howard Roark, architecte talentueux en quête d’absolu, entend accomplir ses œuvres en échappant aux pressions des commanditaires et des utilisateurs. Condisciple de Roark, Peter Keating ne dispose pas de la même veine créative, et doit tenter de réussir sans scrupule en s’enferrant dans le conformisme. Dominique Francon, fille d’un architecte renommé aux réalisations classiques, insatisfaite de son existence dorée, se révèle dans sa passion amoureuse pour Roak qui va bouleverser sa vie. Gail Wynand , self-made- man, devenu grand patron de presse à scandale et homme de pouvoir. Ellsworth Toohey, est le mouton noir de Ayn Rand, journaliste critique en architecture, il est partisan du collectivisme et manipulateur aux pouvoirs souterrains.

Maitrise scénique

Dans le croisement des trajectoires de ces personnages, le metteur en scène néerlandais, Ivo van Hove, construit un récit respectant l’organisation du roman, avec une approche cinématographique comme pour les scénarios de Cassavettes, Bergman, Pasolini ou Marguerite Duras, qu’il a porté à la scène. Si, il contourne un peu le propos politique, il réalise un montage virtuose, pour éclairer les différents aspects et enjeux en laissant vifs les questionnements qu’ils entrainent. Une représentation qui s’achève avec le monologue moralisateur de Howard Roark, dans lequel Ayn Rand, fidèle à sa vision sociétale, glorifie l’engagement individuel du créateur face au parasite qui a besoin des autres hommes pour s’accomplir.

L’espace scénique conçu avec les lumières par Jan Wersweyveld, offre une dimension organique à la représentation en permettant les localisations et les climats adaptés, où les vidéos magistrales captées en surplomb par Tal Yarden, donnent vie aux cabinets d’architecture comme aux scènes d’amour. Accompagnés par la musique live de Eric Sleichim, les comédiens du Toneelgroep Amsterdam sont comme toujours excellents, et certains sont devenus de très bons exécutants d’esquisses ou de plans d’architectes en direct à l’occasion ce spectacle. Parmi eux, citons Ramsey Nasr ( Roark), Aus Greidanus Jr (Keating), Halina Reijn (Dominique Francon), Hans Kesting (Wynand) et Bart Slegers (Ellworth Toohey).

The Fountainhead (La Source vive) en néerlandais surtitré en français, mise en scène Ivo van Hove, avec Tamar van den Dop, Aus Greidanus Jr, Robert de Hoog, Hans Kestting, Hugo Koolschjin, Ramsey Nars, Frieda Pittoors, Halina Reijn, Bart Slegers, et les musiciens de Blindman. Scénographie et lumière, Jan Versweyveld, musique Eric Sleichim, costumes An d’Huys, vidéo Tal Yarden. Durée : 4 heures avec entracte. Théâtre de l’Odéon, Ateliers Berthier du 10 au 17 novembre 2015.

The Foutainhead a été publié en 1997 sous le titre ”La Source vive”, dans une traduction de Jane Fillion aux éditions Plon.

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