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Seules...en scène au TOP (Théâtre de l’Ouest Parisien)

par Dominique Darzacq

Un rendez-vous incontournable, un programme alléchant

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C’est par un magique et singulier dialogue entre l’écriture de Sylvia Plath et l’œuvre de Benjamin Britten, imaginé par la violoncelliste Sonia Wieder Atherton avec la complicité de Charlotte Rampling, que s’ouvrira le 13 mai cette quatrième édition de seules…en scène.

La voix rauque de Charlotte et l’archet de Sonia

Première lauréate du concours Rostropovitch dont elle fut l’élève, Sonia Wieder Atherton dont l’archet inspire de nombreux compositeurs, dont Dutilleux, Dusapin, Aperghis…occupe une place à part dans le monde musical d’aujourd’hui. Son large répertoire est à l’image d’un imaginaire fertile qu’alimente une insatiable curiosité. Aux autoroutes balisées des concerts classiques, elle préfère le risque des chemins de traverses et n’a de cesse d’inventer des programmes « où se créent des affinités secrètes et se conjugue la magie du hasard », tels par exemple Au commencement était Monteverdi ou encore d’Alep à Séville dans lequel la voix de son violoncelle était le trait d’union qui reliait ensemble des univers très différents, de Dusapin à Granados en passant par Aperghis et des chants traditionnels syriens, byzantins, turcs. Après avoir été inspirée par les images de la cinéaste Chantal Akerman, c’est aujourd’hui l’écriture de Sylvia Plath, auteure américaine qui mit fin tragiquement à ses jours en 1963 et qui « a tissé une œuvre serrée de fils tendus entre la perte, la parenté, les sentiments intimes et la révolte ».

« J’ai découvert Sylvia Plath, il y a des années, à l’occasion d’une pièce jouée par Delphine et Coralie Seyrig » explique Sonia Wieder Atherton pour qui la poésie de Sylvia Plath « est un cri qui, bien au-delà de toute notion biographique, questionne toute la vie ». Une poésie qu’elle a assez vite associée au timbre singulier de la comédienne Charlotte Rampling, ainsi « qu’aux libres et puissantes » suites pour violoncelle que Britten a écrites pour Rostropovitch.

Voix rauque et sensuelle de Charlotte Rampling où se mêle l’ample archet de Sonia Wieder Atherton font de « Danses nocturnes » un rare et sublime moment « où la musique rêve les mots , où les paroles libèrent leurs accords ».

De quelques portraits de femmes

De Crush de et avec Juliette Roudet, à Grisélidis d’après les écrits de Grisélidis Réal interprétée par Coraly Zahonero ,en passant par Emma mort, même pas peur de et par Meriem Menant , Sur-Prise de Amine Adjina qu’interprète Emilie Prévosteau, Les femmes et une nuit de et par Faïza Kaddour nous rencontrerons toutes sortes de femmes sur la scène du TOP, des militantes, des clowns, des prostituées , des femmes soumises et des femmes de conviction et avec Elizabeth Mazev, "une étrangère d’origine qui nous conte ses tribulations.

De Novarina à Claudel en passant par Ostrovski et David Lescot , de Jean-Pierre Vincent à Bernard Sobel en passant par Olivier Py avec qui elle fit un bout de chemin, Elizabeth Mazev nous avait donné un bel échantillonnage de ses talents de comédienne, s’y ajoute celui d’auteure à la plume vive, voire enjouée et toute enrubannée d’humour. En effet, Les Tribulations d’une étrangère d’origine est la version scénique concoctée aux petits oignons ( mise en scène François Berreur ) de Mémoire pleine , récit ( Ed. Les Solitaires intempestifs), dans lequel esquivant tout pathos, Elisabeth Mazev raconte l’histoire , la sienne, d’une petite fille née en France de parents réfugiés politiques bulgares…, « comme les yaourts ! ».

Débarquant en scène valises en carton et nattes blondes , de chansons bulgares en interminables et épuisants voyages d’été à tourner en DS autour de la Bulgarie « le plus fidèle satellite de l’Union Soviétique », sans pouvoir y entrer, en passant par la chute du Mur et la déception, plus tard, à l’âge adulte, de ne pas retrouver le pays mythique de son enfance, Elisabeth Mazev nous embarque dans une épopée intime où le singulier croise le collectif, la petite histoire familiale, la Grande Histoire politique.

Ce faisant, entre rêve et réalité, arrangeant sa vie « comme on le fait d’un bouquet », la comédienne pose la question de la mémoire et de l’identité. « D’où est celui qui n’est ni d’ici ni d’ailleurs ? D’où est celui qui est d’ici et d’ailleurs. ».

A la fin du spectacle, débarrassée de ses nattes et jupons, transformant sa valise en table de maquillage, elle nous livre sa réponse comme un aveu, son pays, sa terre à elle, est le théâtre et du même coup démontre comment, entre autodérision et émotion, on peut en faire de l’excellent à partir « de la vraie vie ». Une bonne nouvelle en somme et à vérifier le 20 mai au TOP

Seules…en scène au TOP du 13 au 23 mai tel 01 46 03 60 44/www.top-bb.fr

Photos Danses nocturnes ©Marthe Lemelle,
Les tribulations d’une étrangère d’origines ©Christian Berthelot

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