Accueil > Rachid Safir, directeur des Jeunes Solistes

Portraits /

Rachid Safir, directeur des Jeunes Solistes

par Olivier Olgan

Mettre en regard l’inépuisable répertoire vocal d’hier et d’aujourd’hui

Partager l'article :
Version imprimable de cet article Version imprimable

Si depuis sa création en 1988, il a multiplié les créations, l’ensemble vocal Les Jeunes Solistes ne se définit pas comme expérimental. Son chef fondateur, Rachid Safir le présente comme le creuset d’une confrontation permanente des polyphonies d’hier et d’aujourd’hui.

La polyphonie vocale constitue le répertoire le plus important de l’histoire de la musique, un vivier inépuisable qui recouvre prés de 10 siècles, martèle Rachid Safir, le chef fondateur de l’ensemble vocal Les Jeunes Solistes. L’ambition de l’ensemble n’est pas seulement de couvrir un répertoire de la Renaissance à nos jours, mais de mettre en regard et de confronter des œuvres d’époques différentes. ”

Une approche consacré aux polyphonies de toutes les époques.

20 ans ont passé, riche de créations (Régis Campo, Patrick Burgan, Claude Vivier…) et de confrontations comme en témoignent sa discographie où Carlo Gesualdo (1560-1610) côtoie Klaus Hubert (né en 1924), Dufay (1400 – 1474), Thierry Pécou (né 1965)… La sélection des chanteurs "en situation d’appétit" comme le dit joliment Safir a permis de constituer un remarquable patrimoine et une dynamique permanente de créations. Pourtant, la polyphonie reste un répertoire mal connu tant par la diversité de ses inspirations que par la technique particulière qu’elle exige. On est aussi à des années lumières des stéréotypes développés par les chœurs de moines de Solesmes, Silos ou autres choeurs puisant leur ‘tradition’ dans la parodie médiévale.

La magie de la voix unique par pupitre

L’originalité de l’ensemble est de parier sur une voix par pupitre qui, avoue Rachid Safir, "décuple le plaisir", celui des chanteurs, comme celui des mélomanes. Moins démonstratif que les airs d’opéra, la polyphonie à une voix n’en nécessite pas moins une technique considérable de précision. “Les plus belles voix ne sont pas toujours les plus agiles à se fondre dans un ensemble, ni à partager sa vitalité avec les autres. insiste l’ancien fondateur du chœur A Sei Voci, qui en son temps avait effectué de remarquables avancées sur l’interprétation de la musique ancienne. La technique de la polyphonie exige du chanteur autant de capacité d’écoute que de maîtrise pour équilibrer l’ensemble. A chaque audition, je cherche d’abord des voix capables de se fondre dans une sonorité d’ensemble.”

Un travail incessant sur la couleur d’ensemble

La sonorité obtenue est d’une telle richesse que l’on en dénature les nuances en la réduisant à sa mécanique propre. Diversité, subtilité, cette fusion subtile – parfois d’une ahurissante sophistication - de voix d’hommes et de femmes – à composition variable selon les répertoires – permet d’exhaler de superbes joyaux – des ‘Madrigaux’ de Fénelon (cd Grave) à ‘Hyperion’ de Maderne (cd Montaigne Auvidis), aux créations plus récentes de Jonathan Harvey ‘Angels’ ou Claude Vivier ‘Chants..’ sans parler des ‘Lamentationes sacrae’ de Klaus Huber (tous édités par Nocturne), l’un des compositeurs clés de l’ensemble dont certaines pièces seront chantées le 19 février à Bastille.

Maîtres médiévaux et créateurs contemporains

Porté par ses voix si finement individualisées, l’auditeur se laisse embarquer dans cette démarche généreuse, constellée de forces et de relief, bruissant de saveurs comme on se laisse porter par le courant d’un fleuve charriant l’épais limon de la vie. Ici, la musique n’a de sens que si elle frappe aux portes de l’invisible. Force et beauté du chant se réconcilient. Safir réussit à insuffler sa discipline du respect de l’autre aux compositeurs contemporains avec lequel il collabore étroitement avec la sincérité comme seule contrainte. Ici, la musique élimine le futile. On y n’entre pas sans désir, mais la voix parle à tous nos sens.

Amphithéâtre de l’Opéra Bastille :
- le mardi 19 février, 20h. Fragments – Silence / Miserere Hominibus : Dufay, Ockeghem, Josquin des Prés et de Klaus Huber
- le vendredi 9 mai, 20h. Centenaire d’Olivier Messiaen. Claude Lejeune, Olivier Messiaen, Kaija Saariaho (création), avec les musiciens de l’orchestre de l’opéra de paris
Réservation : 0 892 89 90 90 (0,34€ la minute) - www.operadeparis.fr

Eglise protestante de Seloncourt (Doubs), le samedi 29 mars, 20h30 Franz Liszt Via Crucis Kaija Saariaho. Lonh - Nuits, adieux - Tag des jahrs. Festival international d’art vocal du pays de Montbéliard . Voce 2008 http://www.agglo-montbeliard.fr/vivre_agglo_enm.php
Pour en savoir plus : http://www.les-jeunes-solistes.com/

Le Mur d'affiches


Visitez le Mur d'Affiches...

2 Messages

  • Rachid Safir, directeur des Jeunes Solistes 10 septembre 2011 14:53, par gilda nataf

    Rachid, que de souvenirs, CEC années 70, Françoise, Claudine, Philippe, Michel Chavasseau, les Lejay ... la petite Gripary je ne sais plus son prénom une jolie voix

    repondre message

    • Rachid Safir, directeur des Jeunes Solistes 18 juin 2012 12:21, par gilda

      lundi 18 juin 2012 ! en feuilletant la Presse, je découvre un comm que je n’ai pas posté, il date de 7bre 2011 ... et pas de doute, c’est moi qui l’ai écrit, alors cette fois-ci, hop à la poste, et toujours Viva la Musica

      repondre message

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.