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Critiques / Théâtre

Quand le diable s’en mêle, d’après Georges Feydeau

par Jean Chollet

Désopilantes scènes de la vie conjugale

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Créé à l’occasion des fêtes nocturnes du Château de Grignan en juin 2015,
ce spectacle connaît judicieusement une seconde carrière tant les rires qu’il déclenche peuvent s’apparenter à une thérapie bien nécessaire par les temps qui courent. Didier Bezace revient à Feydeau (1862 – 1921), déjà côtoyé en 2001, avec trois de ses pièces en un acte. Léonide est en avance avec la prévision d’une naissance annoncée dans la famille Toudoux, qui transforme un mari en victime subissant les caprices et les mesquineries de son épouse et de ses beaux – parents, accompagnés d’une sage-femme tyrannique. Feux la mère de Madame , où Lucien, déguisé en Louis XIV lors d’un retour tardif d’un Bal des Quat’z Art, affronte une scène de ménage qui bascule dans la terrible méprise d’une mort annoncée. On purge bébé , cultive pour le couple Follavoine, fabricant de pots de chambre en porcelaine, l’espoir d’un contrat juteux avec l’armée française, qui sera contrarié par la constipation de leur fils Toto en entrainant une purge générale.

Dans ces situations plus folles les unes que les autres, le metteur en scène y voit, en clin d’œil, l’influence du diable dont l’aspect est représenté dans un personnage de chacune des pièces (Philippe Bérodot), en relation avec le titre de ce triptyque, mais surtout il tire cette peinture sociale cruelle de mœurs et de guerre des sexes de la Belle Epoque vers l’absurde et l’humour noir, avec une indulgence sans mépris pour ses protagonistes, rendus proches par leurs désarrois. Ici pas de portes qui claquent ni de placards, mais un astucieux plan incliné en bois, composé de tiroirs et de trappes de localisations significatives, animés par le jeu des sept excellents comédiens interprétant plusieurs rôles, parfois travestis. En particulier, Clotilde Mollet, irrésistible Julie Follavoine, mais tous illustrent avec bonheur la grinçante “mécanique ” du rire qui a fait la réputation de l’auteur. Pour le bonheur et la joie des spectateurs.

Quand le diable s’en mêle d’après Georges Feydeau, adaptation et mise en scène Didier Bezace, avec Philippe Bérodot, Jean-Claude Bolle –redat, Thierry Gibault, Clotilde Mollet, Océane Mozas, Lisa Schuster, Luc Tremblais. Scénographie Jean Haas et Didier Bezace, lumière Dominique Fortin, costumes Cidalia da Costa, chorégraphie Cécile Bon, maquillage et coiffures Cécile Kretschmar. Durée : 2 heures 20.
Théâtre de l’Aquarium jusqu’au 1er octobre 2016. En tournée en France et Belgique

Photos © Nathalie Hervieux

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