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Billets d’humeur / Jacky Viallon

"Poésie sur fond de crème Chantilly" dit "Château de sable"

par Jacky Viallon

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Selon l’astreinte imposée par l’adage intégré dans la mémoire collective « Il faut guérir le mal par le mal » Rien ne vaut après ces « fêtes obligatoires » une petite ode à la crème Chantilly qui vous purifiera corps et esprit. À l’origine « l’ode » s’adressait aux Dieux, alors ne vous plaignez pas auprès de la rédaction d’un manque de considération à votre égard.
Expliquons la scène :

Le décor : Pour des raisons que vous découvrirez essentielles la scène se passe au bord de la mer, il fait chaud (oui, cela vous arrange bien ! ), la mer comme dans tous les clichés est très bleue. On peut y mettre des petits bateaux de plaisance mais ce n’est pas indispensable. Cela dépend du stock d’images que vous avez dans votre imaginaire. Personnellement je n’en mettrais pas, on pourrait croire que ce sont les vôtres puisqu’ils proviennent de votre cerveau et vous risqueriez de passer sous le régime d’imposition sur la fortune. D’ailleurs, on dit : « ISF ». C’est joli ISF, ça fait vacances, bateau de plaisance toute dévaluation dehors, guidé par un petit drapeau inflationniste qui claque bon vent.

Les costumes : Question costume, même s’il fait froid vous pouvez vous mettre en maillot de bain puisque la scène est imaginée. Ainsi cela vous fera ni froid ni chaud.

Les personnages : Il s’agit d’un homme et d’une femme qui veulent avaler la mer. ( Il n’y a pas de honte : tout le monde y pense, mais personne n’a le temps de le faire !) Ce qui est original c’est le fait qu’il ne soit pas d’accord, ça va créer une tension. Non ! Ce n’est pas un couple, c’est mieux ! Bien sûr s’ils veulent dormir sur place ils sont obligés de prendre deux chambres ou une chambre à deux lits. Je sais : Ils sont alors obligés de se changer dans la salle de bain à moins que l’un des deux demande à l’autre de se tourner mais cela dépend de la position initiale de chacun. Alors je ne vois pas pourquoi on se pose la question puisque en dehors de la scène, leurs modes de vie ne nous regarde pas.

Eclairage : Lumière naturelle, c’est-à-dire lumière du jour. C’est imposé c’est comme le plat du jour !

Scénario : Sur le principe, vous ne devriez pas le lire, puisque ce n’est pas à vous de l’apprendre par coeur.
Les deux personnages sont assis dans le sable et font semblant de regarder la mer. Si la scène se passe dans la réalité ils ne sont pas obligés de faire semblant. Ils regardent un point c’est tout. Nous venons de mettre le point en fin de phrase pour bien faire voir que l’on sait s’arrêter.
ELLE ou LUI, selon la répartition des rôles, commence à monter un château non pas de sable mais fait de petits sandwichs qui ressemblent à des petits fours. Attention, ce ne sont pas des « petits fours » ce sont vraiment des « sandwichs », petits certes et qui effectivement pourraient se faire appeler « petits fours » lesquels il faut dire sont pratiquement de la dimension des petits fours...

Elle : Pourquoi tu fais des châteaux de sable avec les sandwichs, j’aimerais mieux qu’on les mange !

Lui : Ne t’inquiètes pas, tout se mange et se mangera... Regarde là-bas le rocher on dirait une île flottante !

Elle : C’est vrai, la mer ressemble à une crème renversée...
Tiens ! Je l’engloupe... J’en bois la moitié... Rien pour toi !

Lui, rentrant dans son jeu : Que si ! L’autre moitié sera pour moi, tu n’as pas pu tout boire... Je l’engloupe !
Regarde… sur le bord de la plage, l’écume vient bouillonner jusqu’à nous en grosses cuillères de crème chantilly bien épaisse..

Elle : Elle fait mine de ramasser à grandes louches quelque chose dans la mer. Je reprends une cuillère de crème. Hop je l’engloupe ! Tant pis pour toi !

Lui : Je m’en moque je n’aime ni la mer ni la Chantilly ! Je n’aime que la montagne. Avec ses grandes bosses, on dirait des jambons... Je rêve que je glisse sur une montagne de lard fumé. Trop tard : je m’enfonce dans un glacier de chocolat à la pistache-crevette ! Je fonds tout au fond, et pour me régaler dans le noir et être au plus prés de moi, je me mange, me bois et me digère.

Elle : Dommage pour toi, pendant que tu disparaissais dans le ventre de la montagne, je buvais le reste de la mer. Dans le fond du grand verre, il avait la lune. Je l’ai gobé comme un œuf… J’ai le ventre doré de lumière.

Lui : Il rit. Et voilà, pendant que tu racontes des bêtises j’ai mangé le château de sandwichs. C’est bien fait, ça t’apprendra à rêver et à vouloir rentrer dans mes images.

Elle : Et oui, pendant ce temps-là tu n’as pas vu la mer ! D’ailleurs tu ne la verras plus : je l’ai avalée !

Lui : C’est malin ! Mes châteaux vont mourir !

Garçon l’addition

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