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Philippe Avron a quitté la scène

par Jean Chollet

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Comédien d’exception, Philippe Avron est décédé à Suresnes (92) dans la nuit de vendredi à samedi 31 juillet 2010, à l’âge de quatre-vingt un ans. Il est entré au théâtre auprès de Jean Vilar dans la troupe du TNP, avec laquelle il interprète notamment au début des années soixante, Les Rustres, L’Alcade de Zalamea, L’Avare. Durant cette période, il écrit des sketches qu’il interprète avec Claude Evrard, rencontré à l’Ecole de Jacques Lecoq, dans plusieurs cabarets de la Rive Gauche. Un duo porteur d’humour et de poésie qui perdure avec succès jusqu’en 1975 sur plusieurs grandes scènes parisiennes, en tournées et à la télévision. En 1965, il est un lumineux prince Mychkine dans l’adaptation de L’Idiot de Dostoïevski, mise en scène par André Barsacq au Théâtre de l’Atelier, pour lequel il reçoit le Prix du Syndicat de la Critique. Philippe Avron rencontre le metteur en scène Benno Besson en 1977, avec lequel il interprète des personnages majeurs du répertoire, Hamlet, puis le juge Azdak dans le Cercle de craie caucasien de Brecht (1978), le bourgmestre du Dragon d’Evgueni Schwartz (1986) et Dom Juan (1987). Entre temps, il a été un magnifique Sganarelle dans le Dom Juan mis en scène par Roger Planchon au TNP et au Théâtre de l’Odéon (1980). Mais ce passionné par l’écriture et la philosophie s’engage dans une nouvelle voie à partir du début des années quatre-vingt. Seul en scène il interprète ses propres textes avec beaucoup de réussite. Se succèdent ainsi, Pierrot d’Asnières (1980), Dom Juan 2000 (1988), La nuit de l’an 2000 – avec Claude Evrard et Marianne Sergent- (1991) Ma Cour d’Honneur (1994) Je suis un saumon (1998) Le Fantôme de Shakespeare (2002), ces deux spectacles lui valant chacun un Molière, puis Le Rire Fragile (2004).

Autant de spectacles qui lui permettent, avec intelligence, humour et tendresse, de faire partager ses valeurs et son amour du théâtre en utilisant la gamme étendue de ses talents de comédien. Des créations qui rencontreront un public conquis en France, à New-York, en Suisse et en Belgique, ou encore au Québec pour lequel il manifestait un profond attachement. Hors scène, après avoir enseigné à l’Ecole Lecoq et créé un Atelier de Recherche Théâtrale avec Claude Evrard et quelques amis comédiens, il restait toujours disponible pour des rencontres répondant à son besoin d’ouverture et d’échanges avec un public réparti sur plusieurs générations. Au cinéma, on a pu le voir notamment dans Fifi la plume (1965) d’Albert Lamorice, Les Fêtes galantes (1966) de René Clair, Les Oiseaux, les orphelins et les fous (1968) du réalisateur tchèque Juraj Jakubisko, et Bye Bye Barbara (1969) de Michel Deville.
Diminué physiquement, il a tenu à interpréter avec beaucoup de courage et jusqu’à la limite de ses forces, sa dernière création cet été en Avignon, Montaigne, Shakespeare, mon père et moi, qui lui tenait tant à cœur. Pour une ultime rencontre avec un public qui lui était fidèle et lui manifestait son admirative affection. Tous ceux – nombreux - qui l’on connu et aimé garderont en mémoire la luminosité de son regard et de son sourire empreints de sa profonde et généreuse humanité. Salut l’artiste.

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