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Paris Estival

par Dominique Darzacq

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Avec les années quatre vingt, la capitale a fait sa révolution culturelle, s’est mis au diapason des évolutions du temps, au rythme des vacances morcelées qui ne siphonnent plus les rues de ses habitants. Paris, l’été, a des saveurs qui prédisposent à la curiosité et au sens de l’aventure. C’est ce dont s’est avisé « Paris Quartier d’été » festival pluridisciplinaire, que dirige Patrice Martinet et qui fête cette année ses vingt ans. Né en 1989, alors que la plupart des théâtres et autres salles de spectacles fermaient leurs portes il a pris l’habitude de dépayser les spectacles de théâtre, de danse comme les concerts dans les lieux inattendus, ce qui, finalement, est une manière de voir et d’écouter autrement.

Paris Quartier d’été : revisiter et découvrir

Soufflant ses vingt bougies dans une époque chamboulée par la mondialisation, la crise économique, et l’envahissement de la toile, « Paris quartier d’été » propose des découvertes, mais aussi de revisiter quelques œuvres d’artistes qui s’étaient penchés sur son berceau. Au public de vérifier si leurs créations sont devenues consensuelles ou n’ont rien perdu de leur force corrosive. Parmi ceux-ci May B de la chorégraphe Maguy Marin d’après Beckett, dont les dix silhouettes grises à la lisière du geste chorégraphique et du minimalisme théâtral sont des images d’une bouleversante beauté (Palais Royal), tout comme Les Psaumes du petit matin de Joseph Nadj avec Dominique Mercy danseur emblématique de Pina Bausch (La Maison des Métallos).
Pour sa part Robyn Orlin, revient avec une création qui propose « entre élégance et dénuement une plongée dans les rues de Johannesburg » et, nous donner non sans humour, « quelques nouvelles de l’Afrique du Sud de l’après apartheid »
Tandis que la musique investit les parcs et les jardins, Pierre Henry nous invite chez lui et nous propose, à partir du texte Dieu de Victor Hugo et avec la complicité de Jean-Paul Farré une fresque de sons et de voix où, entre lyrisme et humour, l’existence de Dieu est mise à la question.
Il faudrait être Prévert pour faire, sans lasser, l’inventaire des 35 spectacles proposés dans 33 lieux différents qui font de Paris une manière de vaste chantier poétique ouvert à quelques 260 artistes parmi lesquels Bartabas qui, et c’est une grande première, invite le public à partager au lever du soleil un moment d’intimité avec ses chevaux
Paris-Quartier d’été depuis le 15 juillet jusqu’au 9 août tel 01 44 95 98 00

Théâtre et Piscine à la Cité Internationale

Transfuge de Paris Quartier d’été, Pascale Henrot a succédé à Nicole Gauthier au Théâtre de la Cité internationale, qu’elle veut inscrire davantage encore au cœur du campus universitaire, et faire en sorte que l’ensemble du public en appréhende les charmes.
Autres Pistes proposées dans le cadre de Paris quartier d’été et concoctées par la chorégraphe Kitsou Dubois sont à la fois au cœur battant des préoccupations circassiennes et à la marge des repères habituels. Cherchant « d’autres façons d’être sur terre », Kitsou Dubois s’est penchée sur l’apesanteur. Une recherche qui l’a conduite dans les centres spatiaux tels que la NASA, le CNES ou encore la Cité des étoiles en Russie. Pour elle, il ne s’agit pas de rivaliser avec Icare, mais de trouver pour son art « des temps de suspension ». Trouvant comme outil le trampoline elle se devait de rencontrer le cirque.
C’est ainsi qu’à partir de l’apesanteur, du trapèze au mât chinois, de l’acrobatie au jonglage, de clown en diabolo, toute une série de spectacles, épellent l’alphabet du cirque.
Et, cerise sur le gâteau de l’apesanteur, le spectateur qui souhaite en expérimenter les effets dans l’eau, peut, muni de son billet de théâtre, le faire dans la piscine du campus. S’il préfère la terre ferme il peut, dans les mêmes conditions, échanger des balles sur le court de tennis.
Théâtre de la Cité Internationale depuis le 16 juillet et jusqu’au 9 août.

Saute d’humour au Tarmac

Implanté dans un quartier populaire où cohabitent dans son environnement quelques cent soixante nationalités différentes, le Parc de la Villette est l’un des lieux les plus fréquentés dans les périodes de vacances. Si l’été venu il fait son cinéma en plein air, un peu plus loin, juste au tournant de la Grande Halle, le Tarmac dédié à la francophonie, laisse sa piste d’envol en activité. Les voyages qu’il propose n’ont rien à voir avec l’exotisme. Territoire colonisé par tout un peu d’artistes venu des quatre coins de la planète francophone on y entend des voix inédites et métissées qui parlent le monde au présent ; Le festival « Saute d’humour » en est une preuve savoureuse.
Quatre auteurs interprètes, Valery N’Dongo (Cameroun) , Souad Belhaddas (Algérie) avec Beaucoup de choses à vous Djire, Marcel Kankita ( Congo/France) avec Mildiou, Diogène Atome Ntarindwa pour Carte d’identité , se jouent des mots et déjouent les maux. Quatre spectacles solo, quatre paroles singulières pour dire l’entre deux des mondes et des identités, le racisme ordinaire, la discrimination, ou encore dire la tragédie rwandaise « dans l’émotion du rire »
Au Tarmac du 22 juillet au 22 août tel 01 40 03 93 95

Du rire à tous les étages

C’est à une véritable variation sur le rire que se livre le programme estival du Lucernaire, du classique (Le malade imaginaire de Molière) au loufoque et fantaisiste parsemé d’acide (Les Nuits Blanches chez FrancisVoir l’article de Gilles Costaz)
Avec Kvetch du britannique Steven Berkoff, le rire est ravageur et reste parfois coincé dans la gorge. La pièce qui met un quatuor de mesquins angoissés autour d’une table et qui, nous dit le metteur en scène, pourrait s’intituler « Un dîner de cons sous prozac » est pour tout dire un véritable cauchemar burlesque où se dit tout haut les horreurs qu’on n’ose même pas penser tout bas. (jusqu’au 5 septembre)
Le paradis c’est toujours un étage au dessus, c’est là que l’on rencontre Michèle Guigon, son accordéon et cette question pas si anodine La vie va où ?.

Oui, et elle l’avoue , Michèle Guigon se pose trop de questions, mais on ne s’en plaindra pas. C’est un vrai régal de la suivre au fil de la vie et du temps « ce sculpteur qui se met tous les jours à l’ouvrage », et nous fait passer du moment où « les grandes personnes sont vraiment trop grandes », à cet autre « où l’on perd à la fois ses dents et ses amis ». D’interrogation « Pourquoi voit-on de plus en plus loin alors que le destin se reproche ? » en constat imparable « Le rêve d’être belle est un vrai cauchemar ! » , Michèle Guigon, entre deux airs d’accordéon traque l’absurde des situations, les petits rien de la vie et ses gros accros, comme le cancer « qui vous fait passer de la vie courante à la vie pas à pas ». Par touche, comme on peint un paysage elle fait de l’ordinaire des jours comme ils vont et ne vont pas, une épopée recyclée en éclats de rire et en feu d’artifice d’humaine intelligence.
N’hésitez pas à grimper au Paradis du Lucernaire vous ne le regretterez pas.
jusqu’au 29 août. A 19h
Le Lucernaire tel :01 42 22 26 50

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