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OMNI Présences

par Dominique Darzacq

Quand la marionnette s’évade

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Si elle a son Institut et sa Haute École de formation à Charleville-Mézières, à quelques exceptions près (à Paris le Théâtre aux Mains nues, pas plus grand qu’un mouchoir de poche que la famille Recoing, haut lignage de marionnettistes maintient en vie contre vents et marées, et le TJP de Strasbourg), la marionnette, art pourtant en perpétuelle combustion, reste une SDF condamnée à un vagabondage peu propice à la reconnaissance et au rassemblement du public. C’est pour mieux rendre visible l’effervescence et la diversité d’un art, qui de la poupée à l’objet, n’en finit pas d’explorer le champ des formes et de métisser son vocabulaire, que s’est créé, en 1992, et à l’initiative de marionnettistes, Le Théâtre de la marionnette à Paris.
Son objectif est de créer, en partenariat avec certains théâtres, des évènements qui témoignent de la vitalité de sa création en même temps qu’elle permet au public - pour qui trop souvent encore marionnette se conjugue avec enfance - de vérifier qu’il s’agit bel et bien d’un art d’aujourd’hui, qui parle au présent et jette ses ponts vers les auteurs vivants aussi bien que vers les arts plastiques, la musique, la danse, ou les nouvelles technologies, que les émois, les larmes et les rires qu’il fomente s’adressent aussi aux adultes.

Parmi les manifestations qui permettent au Théâtre de la marionnette à Paris d’essaimer les œuvres qu’il repère et veut défendre, OMNI présences a la singularité de s’évader de l’écrin traditionnel du théâtre pour les proposer dans des lieux inattendus, comme cette année, La Sorbonne, le Musée des Arts et Métiers ou encore des appartements.
En se dépaysant, la marionnette se donne à voir autrement, ravive ainsi notre curiosité en même temps qu’elle croise et capte d’autres regards élargissant ainsi « le cercle des connaisseurs ».
Sa troisième édition met à l’affiche trois spectacles de tonalité et facture différentes, mais qui ont en commun d’être « tout terrain » adaptables et adaptés aux lieux où ils sont présentés.

Nouveaux spectacle extraordinaire. La Compagnie Rémouleur d’Anne Bitran et Olivier Vallet aime à brouiller les repères et à semer le trouble entre le réel et l’imaginaire. Avec ce spectacle, elle joue du frottement de la réalité des lieux de pouvoir qu’elle investit et des fantasmagories du conte d’Edgar Poe Le Masque de la mort rouge. Articulée autour d’une visite guidée, elle propose un spectacle-concert déambulatoire ponctué d’apparitions fantomatiques, d’étapes insolites où l’on croise d’étranges personnages dont l’histoire est racontée par un trio d’instruments à cordes. Hybride dans sa forme, le spectacle « prend un malin plaisir à confondre mémoire historique et fiction onirique ».

Du 1er mars au 16 avril A la Sorbonne, au Lycée Sophie Germain, Mairie du XXe, Musée des Arts et Métiers.

L’Herbe Folle. Après avoir crée Les Aveugles de Maeterlinck, qui mettaient en scène des marionnettes hyperréalistes, Bérangère Vantusso et sa Compagnie Trois-six- trente ont eu envie, pour les retrouver, de les distribuer dans de nouveaux rôles, comme on le fait avec une troupe permanente d’acteurs. Ainsi est né, écrit spécialement pour ces figures-là, L’Herbe Folle, spectacle constitué de quatre courtes pièces, ancrées dans la vie paysanne et tissées des réminiscences de vieilles personnes. Ce spectacle pour marionnettes et acteurs qui évoque « une nature plus inquiétante que bucolique raconte les relations complexes entre le réel et le souvenir entre les présents et les absents, et ouvre comme une fenêtre sur la part insaisissable des êtres ».

Du 19 mars au 11 avril , en appartement.

Ginko Parrot dans son arbre il y a…. A la lisière de la danse, de la performance et des arts plastiques, conçu par Cécile Fraysse pour le jeune public dès dix mois, le spectacle se présente comme une succulente et sensuelle traversée des formes, des couleurs et des matières. En compagnie d’une étrange créature mi-oiseau mi-homme (le danseur buto François Genty) dans un environnement sonore tissé de berceuses, de comptines, de rires, de jeux de mots et de jouets, le spectacle « fouille l’intime réseau de nos racines » et s’offre comme une fabuleuse terre d’aventure où les enfants partent à la découverte de leur propre imaginaire.

Du 24 mars au 1er avril, Centre d’animation, Place des Fêtes Paris XIXe

OMNI présences. Théâtre de la marionnette à Paris. Du 1er mars au 14 avril. Tel 01 44 64 79 70. Courriel : info theatredelamarionnette.com

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