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Critiques / Théâtre

Mon Vieux Vilbure

par Jacky Viallon

Approche ronde et joyeuse du cubisme

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Dès le début de la présentation de ce spectacle pictural et théâtral, on pressent un montage classique appartenant à l’histoire du cubisme. Il y a toutefois dans cette démonstration une subtilité didactique qui tient au travail des deux comédiens, dont la présence et la qualité de jeu sont évidentes. Il n’en faut pas moins pour jouer à crû dans une salle d’exposition, mise à disposition pour l’occasion.
Certains éléments du texte empruntent à Paulhan, Ponge, Aragon, Malraux et Reverdy. On doit ce choix et les écritures complémentaires au metteur en scène Yves Chevalier, qui se propose, à travers ce spectacle, de nous faire partager son intérêt pour le peintre Georges Braque. La traversée de l’œuvre à la recherche des traces de la genèse cubiste donne une grande constance au spectacle. Le parcours pourfend la richesse de l’œuvre, les comédiens arrachent l’histoire, des plaques de cartons relatent ou suggèrent les tendances picturales de l’époque, ils se plient ou se déploient, partent et reviennent afin de décomposer les différents plans superposés du dessin d’origine.

D’étonnantes pirouettes de jeu dramatique

Avec un naturel déconcertant, les deux comédiens, Marc-Henri Boisse et Michel Sigalla, livrent des fausses pistes, des décalages et d’étonnantes pirouettes de jeu dramatique. La nature kaléidoscopique du texte abonde dans cette fantaisie. Cette fragmentation facilite tous les rebonds, ruptures et autres détournements d’images. Quelques œuvres de Braque, reproduites en volume sur des supports cartons, prennent soudainement vie et donnent une dimension quelque peu surréaliste à l’ensemble. « La question qui s’est posée, indique le metteur en scène Yves Chevalier était de savoir si on donnait à voir l’œuvre de manière réaliste ou si on montrait des équivalences pour la scène ».
C’est donc avec un vrai plaisir que l’on découvre des clins d’œil à certaines oeuvres créées entre 1910 à 1955 : Femme à la guitare, L’Homme à la guitare, Violon et pipe et surtout L’oiseau et son nid dont la belle utilisation arrive presque au terme du spectacle. Elle transmet une image de liberté qui restera probablement en mémoire.

Mon vieux Vilbure - L’atelier Braque, mise en scène et texte de Yves Chevalier, scénographie : Pierre Blaise avec Marc-Henri Boisse et Michel Sigalla. Musée Zadkine, 100 bis rue d’Assas, Paris 6e . Tournée en préparation. Renseignements : 01 43 38 60 85.

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