Festival Interceltique de Lorient , 54 è édition du FIL.
Luz Casal (Galice) à l’Espace Jean-Pierre Pichard de Lorient (FIL).
Passion du coeur et goût intense de vivre.

La chanson mexicaine Piensa en mí, composée en 1937 par Agustín Lara, diffusée sur les ondes, évoque le film de Pedro Almodóvar dont elle était l’emblème lors de sa sortie en 1991 : Talons aiguilles. Pour beaucoup, elle est indissociable de la voix chaude et rocailleuse de Luz Casal.
Cette chanson d’amour portée par la voix déchirante et envoûtante de « la diva espagnole » est un classique du répertoire ibérique longtemps oublié, déjà chanté dans le film Revancha, en 1948. Un classique du boléro qui allait toucher à nouveau le cœur du public grâce à la prestation de Luz Casal pour la bande originale du film phare d’Almodovar. Un succès inclus dans son album A Contraluz, la propulsant au rang de star internationale.
Or, elle n’est pas la voix d’un seul succès, mais une artiste multi-facettes de talent. Auteure-compositrice-interprète, elle passe des rythmes rock des années 1980 aux ballades intemporelles. Découverte en 1980 avec un titre à la sonorité rock prononcée, elle enchaîne les douces complaintes amoureuses et les atmosphères pop-rock dynamiques, signant plus tard en 2004 son dixième album francophile. Le titre-phare de l’album est une reprise de Duel au soleil d’Étienne Daho (Un nuevo día brillará), tandis que son interprétation d’Octobre de Francis Cabrel (Octubre) est saluée.
Régulièrement tournées vers l’amour, les chansons de Luz rappellent aussi son humour et son engagement, comme Ecos, issue du dernier album et dédiée aux Attentats du 11 mars 2004 à Madrid. Outre l’Espagne, la Grèce et la France, Luz Casal entretient un lien très fort avec l’Amérique du Sud. Sa tournée française et son final à l’Olympia en 2004 ont marqué les esprits.
Galicienne ayant grandi dans les Asturies, Luz Casal est d’emblée une forte personnalité, une femme qui s’assume pleinement et le donne à voir à son public. Elle apparaît sur la scène musicale de Lorient de l’Espace Jean-Pierre Pichard, pantalon noir habillé, cintré par une ceinture chic de brillants dont le chemisier éblouissant de blancheur et de volants élégants fait ressortir la dimension sombre et passionnée de la dame brune qui ne vit que pour les sentiments intensément éprouvés, l’amour et les élans profonds du coeur.
La tête renversée vers les étoiles et les bras largement ouverts, elle se donne entièrement à la scène et à son public accueillant : une figure féminine épanouie au sourire naturel, recevant la vie et les échanges, figurine de boîte à musique miniaturisée qui tourne avec grâce.
Il n’est guère de chansons où elle n’évoque le corazon, tout entière attachée à ce qu’elle ressent envers l’être aimé : elle chante du plus profond de son âme, privilégiant le tango, le boléro et autres balades sentimentales flirtant avec les flammes et le feu des sensations et impressions existentielles. Elle ne peut pas, dans cet esprit, ne pas rendre hommage à une autre figure de la passion de la variété française qu’est Dalida, chantant deux de ses tubes.
Or, Luz Casal s’adonne aussi à l’esprit festif, l’amusement, la plaisanterie, le jeu, dans des tonalités plus rock et enlevées, regardant le monde d’un oeil critique et ironique. Elle revêt dans le second volet du spectacle une longue robe noire élégante, icône égyptienne surgie d’un vase, d’une fresque.
Entourée de ses musiciens aguerris et engagés dans des couleurs rock ou romantiques, elle emporte la mise face à son public subjugué et conquis.
Luz Casal (Galice) à l’Espace Jean-Pierre Pichard le lundi 4 août à 21h30, au Festival Interceltique de Lorient , 54 è édition du FIL.



