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Lionel Bringuier dirige l’Ensemble Orchestral de Paris

par Olivier Olgan

Itinéraire d’un jeune surdoué français

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Nommé à 21 ans chef assistant de l’Orchestre philharmonique de Los Angeles, Lionel Bringuier, le jeune surdoué français retrouve le 16 octobre l’Ensemble Orchestral de Paris (EOP) au Théâtre des Champs Elysées pour un progamme réunissant Elgar, Sibelius et Dvorak

Ceux qui déplorent sans cesse que les formations françaises ne sont pas assez confiées à de jeunes chefs français, ne doivent pas manquer ce concert Et ce pour au moins trois bonnes raisons : le parcours exemplaire de ce jeune surdoué, l’exceptionnelle maturité de sa direction peaufinée au contact de grandes formations internationales et la qualité du programme de cette soirée de retrouvailles entre un chef précoce et une formation aguerrie.

Un jeune prodige né en 1986

Alors qu’il parcours le monde, déjà salué de Dresde à Helsinki et de Cologne à Stockholm tout auréolé de son prix de direction de Besançon en 2005 et de sa nomination comme chef assistant à l’Orchestre philharmonique de Los Angeles, ce jeune prodige né en 1986 confirme que le terme « surdoué » n’est pas usurpé. A 14 ans, il assume crânement sa première direction d’orchestre télévisée aux Victoires de la Musique. A 19, il obtient le 1er Prix de Besançon (concours de référence en matière de direction d’orchestre, qu’Osawa a notamment emporté…), il est nommé chef associé de l’Orchestre de Bretagne à 20 ans, et effectue ses premiers concerts au Hollywood Bowl à 21 à la tête de la Philhar de Los Angeles…

Ce parcours exemplaire ne doit pas cacher l’enthousiasme et le sens de l’écoute qu’il aime faire partager à ses musiciens comme à son public. Ses choix d’artiste montrent qu’il a choisi l’approfondissement et la maturation d’un talent qu’il sait à confirmer plutôt que le scintillement de l’étoile filante. Entré chez Askonas Holt, l’agent londonien des stars du classique, au lieu de multiplier les concerts à travers le monde, il savoure son rôle totalement intégré dans l’orchestre à Los Angeles comme l’indispensable apprentissage. « Le chef assistant a l’occasion de diriger tout le temps, tous les répertoires, de rencontrer tous les publics. confie-t-il. Il doit aussi se tenir prêt à remplacer un chef défaillant pour chaque programme. Cela s’est déjà produit en octobre sur un concert Strauss… »

Le chef se doit d’être un musicien parmi les musiciens

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Lionel Bringuier - crédit Askonas Holt Ltd

Humilité et lucidité. Bringuier sait que la qualité d’un chef s’impose par une lente et longue maturation, mais il n’en revendique pas moins la légitimité qui se gagne devant l’orchestre baguette et idées en avant. Sa direction s’en nourrit sans fard ni détour : « L’époque des chefs autoritaires est finie ; le chef se doit d’être un musicien parmi les musiciens, son rôle est d’avoir une idée précise de la partition, pour la transmettre aux musiciens dans un esprit d’écoute mutuel. Le nombre de répétitions importe peu surtout avec des musiciens chevronnés, c’est la qualité de la ligne directrice et des détails qui font la différence. » Et de balayer la légende noire qui voudrait que les musiciens n’aimeraient pas les jeunes : « Les orchestres aiment travailler avec de nouvelles personnalités. L’âge d’un chef ne rentre en compte que quelques secondes, c’est l’idée qu’il se fait d’une partition qui s’impose rapidement. L’intérêt pour tout musicien, c’est l’échange sur des textes que chacun connaît par cœur. L’époque a changé. Ce qui compte c’est que les musiciens s’effacent collectivement derrière l’œuvre pour mieux la respecter. »

Des qualités de déchiffrage et d’écoute

Cette éthique, Bringuier se l’a forgée notamment auprès de John Nelson le directeur musical de l’Ensemble Orchestral de Paris qui l’a pris comme assistant et qui très tôt il lui a permis de diriger en public. « Ils m’ont fait confiance bien avant mon prix de direction de Besançon » Il n’a pas assez de mots assez chaleureux pour exprimer sa reconnaissance pour le directeur musical et les musiciens. "C’est avec eux que j’ai fait mon apprentissage. Je les retrouve toujours avec le même bonheur ».

L’espace d’un concert, Bringuier retrouve ses amis et leurs qualités de déchiffrage et d’écoute qui lui ont permis d’oser les répertoires les plus divers. Après Mozart, Schumann, Beethoven ou le contemporain Bruno Mantovani, c’est Elgar (Sospiri, adagio pour cordes, harpe et orgue), Sibélius (Concerto pour violon) et Dvorak (la Cinquième symphonie, une œuvre rarement jouée sur la scène parisienne qu’il affectionne particulièrement), qu’ils interprètent ensemble le 16 octobre. Le plaisir sera communicatif.

Réservations (http://www.ensemble-orchestral-paris.com/concerts?cid=48) Numéro Vert : 0 800 42 67 57 (appel gratuit d’un poste fixe).
Du lundi au vendredi
de 10 h à 12 h et de 14 h à 17 h

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