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Le mouvement solidaire en faveur des intermittents gagne Paris

par Dominique Darzacq

A la Comédie-Française annulation de Phèdre le 16 juin et de Cyrano de Bergerac le 17 à l’Odéon .

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A deux jours – le 18 juin - de la signature, par le ministre du travail Mr François Rebsamen, des nouvelles conventions de l’assurance chômage, les manifestations de soutien au mouvement des intermittents du spectacle s’amplifient.

Tandis que le Théâtre du Rond-Point convoque pour le lundi 16 juin à 11h30, un « grand rassemblement citoyen » place de la Concorde lequel rejoindra ensuite la manifestation contestataire qui se tiendra le même jour à 14h30 place du Palais Royal, les comédiens de la troupe du Français ont décidé, « pour manifester leur soutien aux intermittents », de ne pas jouer la représentation de Phèdre mise en scène par Mickael Marmarinos, prévue salle Richelieu le 16 Juin. Pour sa part, par un communiqué, le Théâtre de l’Odéon-Théâtre de l’Europe fait savoir que, « l’équipe artistique qui joue actuellement Cyrano de Bergerac et une partie du personnel du théâtre se déclarent en grève le mardi 17 juin pour affirmer leur solidarité avec le mouvement des intermittents et exigent de la part du gouvernement le non agrément de l’accord du 22 mars ».

Rappelons que dans la convention générale d’assurance chômage, deux annexes (8 et 10) prennent en compte dans le mode de calcul des indemnités de chômage les spécificités des métiers du spectacle vivant (contrats courts, temps de préparation des spectacles, temps de répétitions etc.). L’annexe 8 concerne les ouvriers et techniciens des productions relatives au spectacle vivant, au cinéma, à l’audiovisuel, à la radio. L’annexe 10 concerne l’indemnisation des artistes, comédiens, danseurs, musiciens.

Si ces deux annexes ne sont pas remises en cause dans le nouvel accord signé le 22 mars par le patronat et trois confédérations syndicales (CFDT, FO, CFTC) c’est le durcissement des modalités d’indemnisation qui a mis le feu aux poudres. Le Comité des intermittents qui a travaillé à de vraies réformes du système, nécessaires, mais plus justes et moins onéreuses, regrette que ses propositions n’aient pas été débattues ni même examinées. En l’état, cet accord, prévoit une extension du délai de carence qui passerait de 3 à 4 jours actuellement à 40 jours, ce qui aurait un effet dévastateur pour les cachets les plus bas et précariserait l’ensemble de la création artistique et de la vie culturelle, ce qui ne serait pas sans conséquences sur le secteur économique. Car contrairement aux idées reçues, le secteur de la culture n’est pas un poids mort dans le budget de l’Etat, puisque, par ses activités et selon les statistiques, il génère 57,8 milliards d’euros soit 3,2% du PIB. Autrement dit 1€ investi rapporte 4 €uros à l’économie réelle. La coordination rappelle également que le secteur culturel « favorise aussi de nombreux emplois permanents qui, pour leur part, cotisent au régime général ».

photo Brigitte Enguerrand

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