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Critiques / Théâtre

Le goût du faux et autres chansons

par Corinne Denailles

Un collectif dynamique et créatif

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Jeanne Candel a l’habitude de travailler à partir d’improvisations qui conjuguent des éléments puisés dans la matière vive apportée par les comédiens et ses propres propositions. C’était le cas pour son étonnant Robert Plankett (2010). Pour Le Crocodile trompeur (prix du syndicat de la critique 2014 dans la catégorie spectacle musical), elle avait en quelques sortes inversé le processus en s’appuyant sur Didon et Enée de Purcell.
Cette fois aussi elle a fait des propositions de départ (Les Métamorphoses d’Ovide, des textes scientifiques d’Aby Warburg, la Genèse) dont se sont emparés les comédiens dans des improvisations dont le moteur était multiple autour du thème crucial "d’où vient-on ?". Le résultat est éminemment créatif, foisonnant, peut-être trop ; une telle profusion aurait exigé que l’ensemble soit plus structuré, presque corseté pour en assurer la cohérence. Il y a un côté volontairement foutraque, désordonné à l’image du plateau encombré d’un bric-à-brac digne d’un inventaire à la Prévert ; des éléments de cuisine cohabitent avec une énorme poulie en bois ; de très beaux dalmatiens montent la garde tandis qu’à l’avant-scène s’anime un tableau vivant inspiré de la peinture flamande ; un trio de musiciens commentant eux-mêmes la toile où ils sont représentés, avec références artistiques et bibliques, dans une scène, récurrente, particulièrement réussie.

Ainsi se succèdent des scènes illustrant la question existentielle qui préside au spectacle, où l’on croise, entre autres, un écrivain alcoolique et dépressif, des cosmonautes en mission qui dialoguent avec la terre à l’occasion de la fête de Noël (où ils apprennent que s’ils ne prennent pas de calcium, ils urineront leur masse osseuse et reviendront sur terre invertébrés...), une présentatrice de show à l’américaine affublée d’un drôle de traducteur, une furie mâtinée de Médée ou de Io, ou les deux.
Bien que le spectacle soit inégal, on prend beaucoup de plaisir à cette folle équipée philosophique conduite par un metteur en scène qui pioche avec alacrité du côté de la créativité et emmenée par des comédiens tous très talentueux.

Le Goût du faux et autres chansons, mise en scène Jeanne Candel, scnéographie Lisa Navarro, lumières, Vyara Stefanova, costumes Pauline Kieffer, de et avec Jean-Baptiste Azema, Charlotte Corman, Caroline Darchen, Marie Dompnier, Vladislav Galard, Lionel Gonzales, Florent Hubert, Sarah Le Picard, Laure Mathis, Juliette Navis, Jan Peters, Marc Vittecoq. Au théâtre de la Cité internationale jusqu’au 13 décembre, lundi, mardi, vendredi et samedi à 20h30, jeudi à 19h30 relâche mercredi et dimanche.
Rés : 01 53 45 17 17.

© Jean-Louis Fernandez

Légende photo 1 : Caroline Darchen
Légende photo 2 : Vladislav Galard

Tournée :
5-13 février 2015. Théâtre Garonne, Toulouse

26 février. Théâtre de Vanves

9 et 10 avril / Le Phénix - scène nationale de Valenciennes

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