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Le décès de Facundo Bo

par Dominique Darzacq

C’est un peu de l’âme du TSE qui disparaît

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Même s’il avait quitté la scène depuis longtemps, la disparition du comédien Facundo Bo, le jeudi 28 janvier à la Garde-Freinet, dans le Var, où il résidait, n’en reste pas moins un crève-cœur. Pour l’artiste qu’il fut aussi bien que pour l’homme qui sut affronter les revers du destin que lui infligea en 1988 la maladie de Parkinson. Contraint de se retirer des planches et des écrans – il avait tourné entre autres avec Jacques Rivette, Gabriel Aghion, Jean-Louis Comoli, Coline Serreau - il s’était retourné vers sa seconde passion, le dessin et la peinture forgeant une œuvre colorée et singulière, baroque, peuplée de chimères et de songes d’enfance, mais aussi traversée de violence.

L’itinéraire du comédien suit celui du groupe argentin TSE arrivé à Paris à la fin des années soixante. Sans tomber dans la fastidieuse énumération, rappelons juste, qu’emperruqué de blonds et longs cheveux et en fourreau pailleté, il fut l’irrésistible et mourante Eva Peron croquée d’une plume rageuse par Copi. Quelques années plus tard, il retrouvait d’autres paillettes en maître de cérémonie aux côtés de Marucha Bo, sa sœur, avec qui il formait le splendide couple qui magnétisait Luxe spectacle qui fit courir toute l’intelligentsia parisienne et dans lequel Alfredo Arias déclarait son amour au music-hall en même temps qu’il en démontait les splendeurs et le vide.
Un peu plus tard encore il sera le fringant Brisquet, chat de gouttière français qui conquiert le cœur de Beauty/ Marilu Marini héroïne des Peines de cœur d’une chatte anglaise spectacle qui, lui, conquit le grand public et sortit le TSE du ghetto « truc en plumes et rétro glacé » dans lequel on l’avait enfermé.
Entre temps, avant et après, son jeu composite mêlé de sombres éclats servit l’humour ravageur de Copi qu’il retrouva souvent et notamment dans les Marches du Sacré-Cœur , comme il servit Goldoni dans les Jumeaux vénitiens ou encore Marivaux dans Le Jeu de l’amour et du hasard .

Si le groupe TSE, emmené par Alfredo Arias, a de toute évidence ajouté quelques belles couleurs d’ironique exubérance à notre paysage théâtral, Facundo Bo en fut l’un des plus brillants artisans.

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