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Le Sorelle Macaluso de Emma Dante

par Jean Chollet

Vibrante saga familiale entre la vie et la mort

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Depuis une quinzaine d’années, la majorité des créations de Emma Dante, metteuse en scène et réalisatrice, reflètent de manière originale les conditions de la vie sicilienne. Avec sa compagnie elle a investit la cave d’une ancienne prison de Palerme, rebaptisée La Vicaria, où se déroulait les procès de sorcières aux XVIe et XVIIe siècles. Une localisation emblématique, puisqu’elle souhaite faire entendre au théâtre les voix des déshérités, des marginaux ou laissés pour compte de la société palermitaine, qui trouvent souvent dans ses créations une résonance universelle.

Cette création de 2014, s’ouvre sur une introduction chorégraphique par une danseuse vêtue de noir. Elle précède la réunion, à l’occasion d’obsèques, des sept sœurs (sorelle) Macaluso, qui rapidement abandonnent leurs vêtements de deuil pour retrouver robes colorées et maillots de bain, qui introduisent le retour sur leur enfance et les années passées. Jeux, fous rires et simulacres de batailles joyeuses, avec les accessoires des marionnettes des chevaliers de “ l’opera dei pupi” sicilien, ou retour sur la disparition de la plus jeune d’entre elles, Antonella, noyée accidentellement lors d’une excursion balnéaire estivale commune. Avec encore les parodies d’un quotidien révélateur des conditions de vie évoquées à petites touches, avec une vitalité trépidante et humanité. Elles convoquent leur père, veuf entrainé dans une condition sociale humiliante pour faire vivre sa famille, et un adolescent mort sans accomplir son rêve d’être Maradona. Car dans cette évocation, le vif appétit de la vie côtoie son issue, sans ostentation.

Dans un espace nu, les paroles (en dialecte palermitain) sont limitées et elles s’inscrivent dans l’expression chorégraphiée des corps des excellents interprètes, pour traduire de manière prégnante les fractures et deuils, rêves, espoirs et affections, portés par les personnages. Avec un dosage adapté du réalisme, alternant la comédie grotesque et le drame, Emma Dante réalise un spectacle dont les colorations et les images portent à l’émotion.
Vu au Festival d’Avignon le spectacle est repris actuellement au Théâtre du Rond-Point à Paris et en tournée

La Sorelle Macaluso, texte, mise en scène et costumes, Emma Dante, avec Serena Barone, Elena Borgoni, Sandro Maria Campagna, Italia Carroccio, Davide Celona, Marcella Colalanni, Alessandra Fazzini, Daniela Macaluso, Leonarda Saffi, Stéphanie Taillandier, Lumières Cristian Zucaro, armures Gaetano Lo Monaco Celano. Durée 1 heure 10. En dialecte palermitain surtitré en français.

Théâtre du Rond-Point – Paris du 14 au 25 janvier 2015, au CDN de Montluçon les 28 et29 janvier, puis au Pavillon Noir d’Aix en Provence, les 27 et 28 mai, et au Théâtre Liberté de Toulon les 30 et 31 mai 2015.

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