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Critiques / Théâtre

Le Prince d’après Machiavel

par Corinne Denailles

Un stage singulier

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La fin justifie les moyens pour conquérir et surtout garder le pouvoir. Ainsi pourrait-on résumer l’esprit qui préside au Traité de politique écrit au XVIe siècle par le Florentin Nicolas Machiavel et qui lui valut le qualificatif de machiavélique. Au-delà de l’impertinence de l’ouvrage, les conseils prodigués par Machiavel, qui s’appuient sur l’histoire antique et l’histoire romaine contemporaine, sont d’une pertinence qui n’ont d’égal que l’immoralisme assumé, voire revendiqué de l’auteur.
Les propos de Machiavel trouvent un écho certain dans nos sociétés modernes et on comprend la tentation de faire entendre aujourd’hui ce texte explosif. Mais comment théâtraliser un traité somme toute assez rébarbatif ? Le metteur en scène Laurent Gutmann a joué de son impertinence en imaginant un stage de formation continue pour jeunes cadres ambitieux avides de pouvoir.

Dans une salle impersonnelle, l’assistante du formateur Nicolas, le bien-nommé, accueille les stagiaires autour de la machine à café et les invite à partager une galette des rois. Voilà, c’est parti, celui qui gagne la fève et la couronne de papier sera la première victime d’un jeu de rôle burlesque conduit avec le plus grand sérieux. Chacun devra, sous la baguette de Nicolas drapé dans son costume Renaissance, s’exercer en direct à l’exercice du pouvoir, faire des propositions de gouvernement au peuple, en l’occurrence le public. Un cabriolet coupé en deux fait office de carrosse devant lequel est déroulé le tapis rouge qui accueille l’élu. Chacun fait de son mieux dans cette lutte sans merci pour arriver au sommet malgré une évidente absence d’envergure. Les personnages sont aussi éloignés de l’idée de pouvoir et de ses rouages subtils qu’un paysan de Molière. Leurs prestations viennent en illustration des extraits du Traité politique lu par le formateur. Les acteurs (Luc-Antoine Diquéro, en alternance avec Cyril Dubreuil, Thomas Blanchard, Maud Le Grévellec, Shady Nafar, Pitt Simon) mènent joyeusement cette comédie politique aussi loufoque qu’édifiante, maniant le deuxième degré avec un sérieux très britannique.

Le Prince (tous les hommes sont méchants) d’après Nicolas Machiavel, mise en scène et scénographie Laurent Gutmann. Lumières Gilles Gentner. 
Costumes Axel Aust.
Avec Luc-Antoine Diquéro, en alternance avec Cyril Dubreuil, Thomas Blanchard, Maud Le Grévellec, Shady Nafar, Pitt Simon Au théâtre Paris-Villette du mardi 23 septembre au mercredi 8 octobre 2014 Du mardi au samedi à 20h, dimanche 16h. Relâche le lundi.
 Rés : 01 40 03 72 23. Durée du spectacle 1h30.

Crédit photo : Pierre Grosbois

Tournée
Paris - Théâtre Paris-Villette, du 23 septembre au 9 octobre - Belfort - Le granit, Scène nationale, du 14 au 16 octobre -
Le Vésinet - Théâtre du Vésinet, le 4 novembre -
Suresnes - Théâtre Jean Vilar, du 12 au 14 novembre - Brest - Le Quartz, Scène nationale, du 18 au 29 novembre -
Aulnay-sous-Bois - Théâtre Jacques Prévert, le 2 mars -
Tarbes - Le Parvis, Scène nationale Tarbes Pyrénées, les 5 et 6 mars -
Tours - Centre Dramatique Régional, du 10 au 19 mars -
Gradignan - Théâtre des 4 saisons, le 23 mars -
Saint-Nazaire - Le Théâtre, Scène nationale, les 26 et 27 mars -
Le Perreux-sur-Marne - Centre des bords de Marne, le 31 mars -
Brétigny-sur-Orge - Théâtre Brétigny dedans dehors, Scène conventionnée, le 7 avril - 01 60 85 20 85 Sartrouville - Théâtre de Sartrouville et des Yvelines, Centre Dramatique National les 9 et 10 avril - 0130867779
Angoulême - Scène nationale, les 14 et 15 avril - 05 45 38 61 61
Saint-Raphaël - Palais des Congrès, le 22 avril - 04 98 11 89 00
Foix - L’estive, Scène nationale de Foix et de l’Ariège, les 27 et 28 avril - 05 61 05 05 55 Saint-Herblain - Onyx, le 5 mai -
Istres -Théâtre de l’Olivier, le 12 mai -

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