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Là-bas, c’est dehors de Richard Peduzzi

par Jean Chollet

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Peintre, désigner, Richard Peduzzi, né le 28 janvier 1943 en Basse-Normandie, compte parmi les scénographes les plus marquants de la scène européenne de ces dernières décennies. Un choix artistique, déterminé par sa rencontre avec Patrice Chéreau à Sartrouville, en 1968. C’est avec le metteur en scène qu’il signe en 1971 son premier décor pour Toller de Tankred Dorst au Piccolo Teatro de Milan. Le point de départ d’une longue et fructueuse collaboration à la scène et au cinéma, forte d’une trentaine de créations, qui ne s’achèvera qu’avec la disparition de Chéreau, le 7 octobre 2013. Parmi les plus marquantes, dans chacune des disciplines respectivement abordées, on peut citer au théâtre, La Dispute de Marivaux (1973) Quai Ouest de Bernard-Marie Koltès (1986) Hamlet et Le Conte d’hiver de Shakespeare (1988), Rêve d’automne de Jon Fosse (2010) ; à l’opéra, le Ring de Wagner à Bayreuth (1976) Lulu de Berg (1979) ou Elektra de Richard Strauss (2013) ; et au cinéma La Chair de l’orchidée (1974) et La Reine Margot (1994). En parallèle, à partir de 1988, Richard Peduzzi conçoit les décors d’une quinzaine de réalisations de Luc Bondy, dans un compagnonnage qui se poursuit encore aujourd’hui. Mais, hors des scènes et des studios, ce créateur éclectique assure les scénographies de nombreuses expositions, aménage des locaux de la BNF et de la Bibliothèque – musée de l’Opéra Garnier, ou réalise des meubles pour le Mobilier national. Il a également dirigé l’Ecole nationale des Arts Décoratifs de 1990 à 2002, puis à la Villa Médicis, Académie de France à Rome, de 2002 à 2008.

Ce sont ces trajectoires et les pensées qu’elles ont suscitées, que Richard Peduzzi aborde dans ce beau livre, en échappant à la stricte dimension de “ Mémoires ”, pour délivrer une réflexion sur ses pratiques artistiques, à travers les rencontres et créations ayant ponctuées son parcours. Un large volet est logiquement consacré à Patrice Chéreau, sous la forme d’un hommage sensible et révélateur, témoignant de leur amour commun du théâtre, exprimé dans une approche fusionnelle durant quarante ans. En reprenant la genèse des décors de certains spectacles, leurs contraintes et leurs aboutissements, en particulier pour la Tétralogie de Wagner ( L’Or du Rhin, La Walkyrie, Siegfried, Le Crépuscule des dieux ) dont la création, sous la baguette de Pierre Boulez, fit scandale, avant de triompher entre 1976 et 1980. Mais, parmi les différents chapitres de cet ouvrage, l’auteur exprime aussi ses engagements conceptuels en forme de manifeste, notamment dans ses relations avec la peinture, ses sources d’inspiration et les applications qui en découlent. Mais aussi, en croisant quelques souvenirs familiaux et de jeunesse qui témoignent d’une sensibilité et d’une humanité nourricières de son art.

Un livre attachant à bien des titres, illustré de nombreuses photos, croquis, maquettes, et d’un carnet dessins, judicieusement agrémenté d’une préface de Henri Loyette, historien et ancien directeur – conservateur du Musée d’Orsay, et d’une postface de Charlotte Chastel – Rousseau, chargée de la “ Muséographie et actualités de collections ” à l’Auditorium du Louvre.

Là – bas, c’est dehors de Richard Peduzzi, Actes Sud, 275 pages, format 200 x 250. Prix 42 €

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