Le Mans, La Fonderie

La Tempête de William Shakespeare

Quand l’art abolit les frontières

La Tempête de William Shakespeare

L’aventure des Envolées initiée à l’hôpital Robert Ballanger à Aulnay-sous-Bois se poursuit.

Genèse du projet

Guy Lamacq (psychothérapeute) et Tristan Varlot (comédien, ancien membre de la compagnie Stanislas Nordey puis permanent artistique au TGP de Saint-Denis, il a participé à tous les projets de Vivarium Studio avec Philippe Quesne depuis 2003) travaillent depuis 2011 avec la Troupe des Envolées à la mise en scène de La Tempête de Shakespeare dans le cadre de l’atelier-théâtre d’un service de psychiatrie de l’hôpital Robert Ballanger à Aulnay-sous-bois. Guy Lamacq, qui a une longue pratique personnelle de théâtre, est responsable depuis les années 90 du groupe « théâtre » au sein de l’hôpital de jour. Cette institution prend majoritairement en charge des patients psychotiques et certains d’entre eux pratiquent le théâtre depuis une dizaine d’années au sein de l’hôpital. Au fil des ans, une troupe d’une vingtaine de comédiens s’est constituée. La Troupe des Envolées a bénéficié de différentes collaborations artistiques telles que celles, entre autres, en 1997, d’Emmanuel Demarcy Mota, Christophe Lemaire et Fabrice Melquiot, entre 2000 et 2002 avec Arnaud Menier, Bérangère Vantusso, Nicolas Gousseff et Eddy Pallaro, avec Serge Ricci, etc.

Cette Tempête conçue dans un contexte particulier est une occasion rare de vérifier que l’art peut abolir les frontières, ouvrir portes et fenêtres, créer le dialogue et faire rêver. Après les quelques représentations données dans le cadre de l’hôpital, la troupe espère avoir l’occasion de proposer le spectacle dans des lieux différents.

« Depuis la dernière réalisation des Envolées, avec Ode Maritime du mystérieux Pessoa, en 2010, nous étions restés impatients du prochain voyage. Aussi sortons-nous cette fois rincés, trempés, moulus d’océan, transformés par ce temps en exil dans La Tempête. Nous voici déplacés, démultipliés, désorientés autant que renouvelés, renforcés dans nos convictions et nos combats.
Quel meilleur défi que ce texte sacrément gonflé en littérature, pris à bras-le-corps par une vingtaine d’acteurs que nous avons connus en appui sur le tissu fragilisé de la psychiatrie publique, pour prendre la mesure de la force des solidarités collectives, et nous restituer la richesse et le goût de l’aventure à plusieurs.
Le climat social s’affole, et à rebours du repli frileux, tirée en avant par la mise en scène désopilante de Guy Lamacq et Tristan Varlot, la troupe des Envolées surfant sur Shakespeare nous intime l’ordre de l’acte courageux, poétique, amical et politique à la fois… » Dr Bénédicte Le Mouël

Deuxième acte à La Fonderie

Le spectacle, qui n’avait pas initialement vocation à être repris, a été invité au Mans à La Fonderie/Théâtre du Radeau, dirigé par François Tanguy qui lui offre ainsi une seconde vie auprès d’un public plus large dans le cadre d’une structure culturelle singulière. Tanguy a fait de La Fonderie un « lieu de création, de travail, de rencontre, de mélange, d’expérience [où] des compagnies et artistes, venant de la France et de l’étranger et menant des recherches dans les domaines du théâtre, de la danse, de la musique, des arts plastiques, de l’écriture, etc., résident et travaillent pour des durées variables ; les créations issues de ces résidences sont proposées au public. »
Par ces initiatives, La Fonderie tente de contribuer à répondre à un certain nombre de questions qui furent à l’origine de ce qu’on a appelé la psychothérapie institutionnelle : « Comment est-il possible d’ouvrir des espaces constituants dans le monde tel qu’il est, d’habiter des lieux tels qu’ils se présentent, où des hommes et des femmes, des enfants et des vieux, des patients et impatients, oeuvrent singulièrement à quelque chose de commun, qui ne dit pas toujours son nom ? »

La Fonderie tente d’ouvrir des espaces d’expression et de réflexion et « d’agir avec la complicité de ceux qui les prolongent ici et là, au musée ou à l’hôpital, dans un Groupement d’Entraide Mutuel ou dans un foyer, dans un collectif de patients ou une librairie de quartier. »

Le collectif « Encore heureux… » est à l’initiative des rendez-vous prévus de mars à juin 2013 qui, au-delà d’une programmation, entend susciter de véritables rencontres, des échanges et de "possibles réciprocités".

On trouvera tous les renseignements sur le site de La Fonderie.

La Tempête de William Shakespeare par la Troupe des Envolées, mise en scène Guy Lamacq et Tristan Varlot, avec Antje, Auguste, Baki, Bénédicte, Caroline, Catherine, Daniel, Daniel, Didier, Frédéric, Guy, Jane, Jean-Baptiste, Khaled, Marianne, Michelle, Olivier, recsmei, Stéphanie, Triq, Tristan. A La Fonderie/Théâtre du Radeau, Le Mans, jeudi 11 avril à 18h30 et samedi 13 avril à 16h. Tel : 02 43 24 93 60.
www.lafonderie.fr

A propos de l'auteur
Corinne Denailles
Corinne Denailles

Professeur de lettres ; a travaille dans le secteur de l’édition pédagogique dans le cadre de l’Education nationale. A collaboré comme critique théâtrale à divers journaux (Politis, Passage, Journal du théâtre, Zurban) et revue (Du théâtre,...

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2 Messages

  • La Tempête de William Shakespeare 28 mars 2012 14:15, par juliette

    a ne pas rater
    il y avait longtemps que je n’avais vu un théâtre aussi puissant
    des acteurs incroyables et révélant de nouveau la langue de shakespeare ;
    c’est en banlieue ,dans le 93,au fin fond d’un hôpital mais quelle vie chez ces gens là.Courrez -y

    reservez vite au 01 49 36 73 36 de 9h à 16h30 sauf le WE

    vous ne serez pas déçu

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  • La Tempête de William Shakespeare 1er avril 2012 19:24, par Katheline

    De nouveau les acteurs de La Troupe des Envolées nous ont épatés hier soir par leur performance dans cette Tempête
    Courrez vite soutenir ce collectif soignants/soignés,beau témoignage de l’engagement d’une équipe du service public de santé sur l’un des secteurs les plus paupérisés de Seine-Saint-Denis.
    Les acteurs ont saisi le texte à- bras-le-corps ,faisant résonner au plus juste toutes les facéties de la langue de Shakespeare.L’oeil se réjouit des trouvailles de la mise en scène décalante.
    Comme partout ailleurs les équipes de l’hôpital Robert Ballanger à Aulnay-sous-Bois souffrent de la volonté d’asservir l’esprit de service public à l’idéologie de la rentabilité pour le plus grand dommage de notre santé commune.Prenant le contre-pied de cette volonté insensée,le collectif des Envolées démontre que c’est bien de ce plus d’humanité et de confiance dans tous ses acteurs dont l’hôpital a besoin.

    Que l’engagement d’une équipe soignante nous redonne confiance dans le personnel entre les mains duquel nous remettons nos fragilités quand la maladie nous touche et nous vulnérabilise,quel beau message d’espoir en nos institutions dans la période présente où elles sont tellement mises à mal.
    La chaude amitié circulant au sein de ce collectif dédommage du parcours kafkaîen que devient pour chacun de nous le rapport avec nos besoins de soins et de santé.

    Une belle énergie à suivre

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