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Kantor à l’affiche du Théâtre de l’Odéon le 13 avril

par Dominique Darzacq

Une heureuse initiative avec projection de "La Classe Morte"

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Tadeusz Kantor, de ceux qui auront marqué à jamais le théâtre du XXe siècle, est né le 6 avril 1915. Metteur en scène, scénographe, plasticien, auteur, il aurait eu cent ans cette année. Plutôt que de l’étouffer sous les hommages et les gloses, le Théâtre de l’Odéon-Théâtre de l’Europe a choisi de le fêter en le donnant à voir et à entendre. A la manœuvre, Michelle Kokosowski , qui fut la tête chercheuse du Festival de Nancy de Jack Lang et nous fit découvrir Kantor, et avec elle pour orchestrer la soirée, Jean-Pierre Thibaudat, journaliste, critique qui signe également la préface de Ma Pauvre Chambre de l’Imagination ( Kantor par lui-même) que viennent de publier , à l’occasion du centenaire, Les Solitaires Intempestifs.

Au programme, Kantor en somme au présent par le biais d’archives sonores et visuelles et la lecture de textes inédits par les comédiens, Marcel Bozonnet, Ariel Garcia-Valdès, Micha Lescot.

Des images indélébiles

Grâce soit rendue « aux arts mécaniques » comme Jouvet qualifiait le cinéma, puisqu’en deuxième partie de soirée sera projetée La Classe Morte . Belle occasion de revoir ou de découvrir un des spectacles mythiques du Maître et dont les images saisissantes flottent encore dans la mémoire de ceux qui virent le spectacle, (Outre à Nancy, à Chaillot en 74 et 77). Comment oublier ces vieillards somnambuliques assis derrière de vieux pupitres et levant le doigt pour on ne sait quelle interrogation ou avertissement, puis comme errant avec, agrippés sur l’épaule, sous forme de mannequins, l’enfant qu’ils furent et qui peut-être les hante encore, comment oublier ces improbables et inquiétants sosies, la femme au berceau mécanique, autant d’ images parfois virulentes et hantées par la mort et qui laissaient le cœur broyé, comme nous broie encore le cœur, l’évocation de l’immense squelette que chevauchait le dérisoire Général d’une armée en déroute , le cortège de cardinaux en folie et de rabbins hagards de « Wielopole, Wielopole » forgé de souvenirs d’enfance et du martyr d’une Pologne dépecée, dans lequel Kantor réglait leur compte à l’armée, la religion, la famille, avec, comme toujours lui , complet noir et chemise blanche ouverte , chef d’orchestre de ses sardoniques Mystères.

Ma Pauvre Chambre de l’Imagination

« Mon rôle, lorsque je reste avec les acteurs pendant le spectacle, est de contrôler entre autre la limite de l’illusion » explique-t-il dans Ma voie vers un théâtre de la mort , un des textes de Ma Pauvre Chambre de l’Imagination . Parlant parfois de lui à la troisième personne, il livre son crédo ou examine sa relation avec Witkiewicz qui servit souvent d’allumage à ses spectacles, notamment La Classe Morte et analyse ce qui les lie et ce qui les délie notant : « La réalité de Kantor appartenait à un monde où la mort organisait ses terribles festins de noces », résumant en deux phrases l’humus de toute son œuvre. Si, comme l’écrit justement Jean-Pierre Thibaudat, l’ouvrage, composé de différents textes, constitue une introduction à la vie et à l’œuvre de Tadeusz Kantor, il est également l’excitant préambule des deux volumes à paraître chez le même éditeur de ses écrits et également traduits par Marie-Thérèse Vido-Rzeweska. Le premier dès le 13 avril et le second pour le festival d’Avignon. Le tout accompagné d’une exposition itinérante autour de « Wielopole, Wielopole » et ses origines. A voir jusqu’au 23 avril à la bibliothèque polonaise de Paris, à Metz du 7 au 16 mai, à Mulhouse (La Filature) du 27 mai au 6 juin, à l’Hôtel de la Mirande à Avignon pendant le Festival.

Soirée Tadeusz Kantor le 13 avril Théâtre de l’Odéon 19h30 tel 01 44 85 40 40

Ma Pauvre Chambre de l’Imagination (Kantor par lui-même) Les Solitaires Intempestifs ; 13€

Photo ©Caroline Rose

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