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Critiques / Théâtre

Idem, par Les sans Cou

par Jean Chollet

Tumultueuses recherches identitaires

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Cette nouvelle création de la compagnie animée par Igor Mendjisky, s’inscrit aujourd’hui dans la résonance d’une actualité brûlante et meurtrière. En effet, elle a été inspirée par la prise d’otages effectuée par des terroristes, du 23 au 26 octobre 2002, au Théâtre de la Doubrovka à Moscou, qui fit plus de cent cinquante victimes. Elle débute dans un théâtre de la ville (fictive) de Jacobia, pendant une représentation de Homme pour homme de Bertolt Brecht, en janvier 1994, interrompue par l’assaut d’un groupe armé. Parmi les présents, sur scène ou dans la salle, un acteur français Julien Bernard, choqué, perd la mémoire et intègre sans repères pour un temps, le groupe des assaillants survivants. En France, son épouse Elisa informée de sa disparition se lance à sa recherche, jusqu’à en perdre la raison, bientôt relayée par leur fille Sam, en quête de la présence vitale de son père. Autour, de cette cellule centrale familiale, gravitent ne nombreux personnages, dont un écrivain pour le moins ambigu, Gaspar Kasper, s’appropriant quelques années plus tard l’histoire de Julien. A travers cette chronique, qui entrecroise la des localisations diverses en France et ailleurs, dans une temporalité, répartie sur une période de vingt ans, s’inscrivent sous une forme épique les questionnements liés à l’identité universelle des humains.

Comme pour sa précédente production remarquée, en 2012, J’ai couru comme dans un rêve (Prix théâtre ADMI), cette réalisation est le fruit d’une création collective, élargie pour l’occasion à d’autres acteurs, dans la continuité de l’esprit artistique qui anime Les Sans cou, à partir de recherches documentaires et d’improvisations. En utilisant différentes formes d’expressions, alliant au jeu tonique des huit bons comédiens - certains interprétant plusieurs personnages ou sont réunis dans un chœur -, effets sonores, vidéos et ponctuations musicales (de Véronique Sanson à Pantatonix). Dans un espace ouvert, bordé de divers accessoires utilisés au fil de la représentation, et appuyé sur une façade à deux niveaux équipée d’élévateurs favorisant des apparitions, la réalité croise l’étrangeté, l’onirique, les fantasmes, l’humour et le burlesque, en rejoignant parfois un fantastique emprunt de poésie. Sur sa durée, le spectacle n’échappe pas à quelques passages à vide ou manques de lisibilité, mais il témoigne avec énergie, dynamisme et générosité, d’un théâtre vivant en prise directe avec le présent.

Le texte est publié par Actes Sud – Papier

Idem , création collective Les Sans Cou, mise en scène Igor Mendjisky, avec Clément Aubert, Raphaële Bouchard en alternance avec Camille Cottin, Romain Cottard, Yedwart Ingey, Paul Jeanson, Imer Kutllovici, Arnaud Pfeiffer, Esther Van Den Driessche et à l’(écran Lilah Mendjjisky ou Ana Mahon de Monaghan. Scénographie Igor Mendjisky et Claire Massard, costumes May Katrem, lumière Stéphane Deschamps. Durée 3 heures avec entracte. Théâtre de la Tempête – Cartoucherie de Vincennes jusqu’au 13 décembre 2015.

Crédit photos Simon Gosselin

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