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Festival Paris l’été 2ème édition

par Dominique Darzacq

Éclectique et alléchant

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Inventé en 1990 par Patrice Martinet sous l’impulsion de Jack Lang , alors ministre de la culture qui souhaitait que Paris ne s’endorme pas l’été et reste la capitale des arts, Paris Quartier d’été a, l’année dernière, changé de mains et de nom. Devenu Festival Paris l’été, piloté par les deux co-directeurs du Monfort, Laurence Magalhaes et Stéphane Ricordel, la manifestation - ni tout à fait la même ni tout à fait une autre- reste fidèle aux objectifs fondateurs, mais change son braquet, ravive ses couleurs et s’offre comme un moment festif et convivial où la ville, comme les œuvres, se donne à voir autrement avec des spectacles destinés aussi bien aux parisiens qui ne sont pas partis en vacances qu’aux touristes.
Pour sa deuxième édition (16 juillet-4 août) ,Paris l’été investit les parcs, les places publiques, des sites singuliers ou inhabituels, s’éclate extra muros de la MC 93 de Bobigny au Parc naturel du Gâtinais en passant par le château de Joigny, le parc Lucie Aubrac des Lilas et bien d’autres asiles inattendus. Soit une vingtaine de lieux pour accueillir une programmation où cohabitent toutes les disciplines : théâtre, danse, musique, cirque, performances, des œuvres phares et des insolites, des formes brèves et de longues traversées théâtrales. Parmi celles-ci, et pour frapper en avance les trois coups des festivités, la reprise, on ne s’en plaindra pas, du spectacle de Jean-François Sivadier , Italienne scène et orchestre , couronné du Grand prix de la critique en 2005 et qui nous ouvre les coulisses pendant une répétition de l’opéra de Verdi, La Traviata . A travers les batailles d’ego entre le chef d’orchestre et le metteur en scène, les conflits entre la fosse et la salle, les mots et les notes, Jean-François Sivadier, qui, dans le spectacle tient la baguette, nous fait témoins de tout ce qui entre d’errance, de doute, d’engagement dans la fabrication de ce rêve commun qu’est un spectacle. En nous plongeant, non sans humour, côté « cuisine » c’est aussi à une réflexion sur l’art qu’il nous convie (3h30 MC 93 du 9 au 28 juillet).

C’est un plongeon dans le bouillonnement de l’idéologie révolutionnaire que nous propose Joël Pommerat avec Ça ira (1) , spectacle qui donne à voir la politique en train de se faire (4h30 Le Cent Quatre) . Avec Les trois Mousquetaires –La série c’est une virée tumultueuse de 6h en compagnie d’Alexandre Dumas à laquelle nous invite le collectif 49 701, qui, pour mieux maintenir le suspense et nous faire palpiter a adapté l’œuvre sous forme de feuilleton. Après Le temps des honneurs ou les trois premières saisons comme on dit à la télé, voici, les saisons 4,5,6 où Le temps des assassins (Lycée jacques Decour). Pour sa par et pour l’Iliade, Luca Giacomoni a réuni acteurs professionnels et anciens détenus pour nous faire entendre la parole des protagonistes de la Guerre de Troie, Agamemnon, Ulysse, Hector, Achille , soit une traversée de 10 heures en 10 épisodes dans le récit d’Homère. Y résonnent des échos qui nous renvoient aux mouvements contradictoires de notre monde (Le Montfort).
Quatre tréteaux, une échelle, de beaux costumes, une pause paëlla dans la verdure, suffisent au collectif Marius , venu d’Anvers, pour faire pétiller entre les frondaisons d’un jardin irlandais l’incisif esprit de Beaumarchais et lui rendre hommage. Adapté du Mariage de Figaro et du Barbier de Séville , Figaro nous offre 4 heures d’un théâtre aussi jubilatoire que généreux (Centre culturel Irlandais) . Pour sa part, Confesse est sans nul doute à épingler au chapitre des formes aussi brèves que singulières. A travers le moucharabieh d’une boîte de bouquiniste géante et itinérante, nous pouvons entendre différentes voix nous raconter un texte, un livre , un poèmes lus notamment par Anna Mouglalis, Marianne Denicourt, Marie Vialle et Sébastien Gindre l’inventeur–concepteur de cette inattendue expérience littéraire de 20 minutes.

A noter parmi les spectacles atypiques, la proposition de la chorégraphe Ambra Senatore, directrice du CCN de Nantes qui investit le jardin de l’Hôtel de Sully et nous le donne à percevoir à travers de brèves suites chorégraphiques déployées dans les allées et parterres Promenade à Sully. Ceux qui aiment les performances inédites qui accélèrent le rythme cardiaque trouveront leur compte devant Lignes ouvertes , spectacle funambule et participatif conçu par la compagnie Basinga. Sur le fil, Tatiana-Mosio Bongoga , une des rares femme funambule à évoluer à grande hauteur et qui trace son chemin dans le ciel depuis l’âge de sept ans. Pour Paris l’été, et accompagnée par l’orchestre de chambre de Paris, elle réalise une traversée d’exception : remonter les pentes de la Butte-Montmartre jusqu’à la Basilique du Sacré-Cœur sur un fil à 35m du sol. Une performance, « qui ne pourrait s’accomplir pleinement sans ceux et celles qui sécurisent son ascension, montent les lignes, l’accompagnent en musique et la regardent », estime la funambule pour qui, « le fil n’est rien qu’une métaphore de la vie. On y cherche l’équilibre en créant des liens pour avancer ensemble. »
Dans cette édition qui bien sûr a prévu des espaces de restauration et de convivialité, il y aura aussi : Johann le Guillerm circassien et maître d’œuvre d’une monumentale et époustouflante construction de bois ( La Transumante esplanade Palais de Tokyo), la troupe japonaise Kodo dont les rythmes puissants des tambours accompagnent les fêtes et les rites traditionnels, (Cartoucherie, Théâtre du Soleil), de la magie avec Yann Frish Le paradoxe de Georges, de fascinantes installations dont celles Johnny Lebigot (Lycée jacques Decour) , ou encore celle de Luke Jerramm grâce à qui il sera possible de nager sous la lune à la piscine Pailleron. De quoi décidément refuser de partir en vacances ces temps-ci !

Festival Paris l’été
du 16 au 4 août. tel 01 44 94 98 00
Calendrier du programme publié sur le site www.parislete.fr

Photos : « Lignes ouvertes » ©Frédéric Goualard, « Italienne scène et orchestre » ©Marie Clauzade, « Figaro » © Raymond Mallentjer

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