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Critiques /

De l’influence des rayons gamma sur le comportement des marguerites de Paul Zindel

par Corinne Denailles

Les premiers pas de metteur en scène d’Isabelle Carré

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On connaît la pièce de Paul Zindel (publiée en 1964) grâce au beau film de Paul Newman (1972) dans lequel le cinéaste brossait un portrait des années 1970 et des effets pervers de la libération de la femme à travers l’histoire de Beatrice Hunsdorfer et de ses deux filles Matilda et Ruth qui évoque l’univers dramatique de Tennesse Williams. Beatrice est une femme amère, pleine d’aigreur contre la vie. Elle a quitté son mari, décédé peu après leur séparation, et s’est retrouvée seule pour élever ses filles ; les problèmes d’argent l’ont contrainte à héberger des personnages âgées isolées. Limite border line, elle maltraite ses filles avec une violence proportionnelle à son désarroi et à son mal être. Elle tue délibérément le lapin de Matilda offert par son professeur tant aimé, elle dénigre les recherches de sa fille et gâche la fête de remise du prix du concours qu’elle a gagné. Matilda, taciturne et complexée, souffre de l’emprise d’une mère abusive, tyrannique mais se sauvera grâce à sa passion pour la physique et à son intelligence évidente que sa mère ignore. Elle doit aussi supporter sa sœur aînée, Ruth, adolescente émancipée et rebelle qui, elle, a les moyens intérieurs de résister aux assauts de méchanceté de sa mère.

La première mise en scène d’Isabelle Carré est attachante mais un peu timide, elle manque de nerf, de tranchant ; elle s’attache plus aux personnalités en souffrance de ces trois femmes attachantes qu’à l’expression de la violence sociale qui leur est faite. L’appartement chaotique est à l’image du désordre intérieur de Beatrice et son costume bariolé baba cool à la mode des années 70. Isabelle Carré exprime bien le dérangement mental de Beatrice mais il y a encore trop de douceur dans son interprétation pour qu’on croie vraiment à ce personnage déchiré, destructeur et autodestructeur, englué dans un quotidien médiocre. Elle dégage une telle jeunesse qu’on croirait voir trois sœurs plutôt qu’une mère exténuée et un peu cinglée. Alice Isaaz (Ruth) et Armande Boulanger (Matilda) sont très convaincantes dans le rôle des filles.

De l’influence des rayons gamma sur le comportement des marguerites de Paul Zindel ; mise en scène Isabelle Carré ; adaptation et collaboration à la mise en scène Manèle Labidi-Labbé. Avec Isabelle Carré, Alice Isaaz, Armande Boulanger, en alternance avec Lily Taïeb. Au théâtre de l’Atelier du mardi au samedi à 19h, matinée samedi à 17h. Durée : 1h30. Tel : 01 46 06 49 24.
www.theatre-atelier.com

photo Christophe Vootz

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