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Critiques / Théâtre

C’est pas le bon moment de Frédéric Tokarz

par Gilles Costaz

Usure de l’amour

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C’est pas le bon moment est la première comédie de la rentrée parisienne. Bon titre : c’est vrai qu’on emploie cette expression à tout bout de champ. Et bon sujet : les quinquas-quadras qui, anciens combattants de la liberté soixante-huitarde, regardent la jeunesse sans la comprendre et se croient supérieurs à elle. Deux couples, liés par l’amitié et les services rendus (l’un des maris, ambitieux en affaires mais peu doué pour le business, emprunte sans arrêt de grosses sommes à son camarade), découvrent que leurs deux enfants respectifs, un jeune homme et une jeune fille, vivent ensemble. Un peu plus tard, les seniors découvrent un peu qu’un enfant va naître chez les juniors. Panique chez ces embourgeoisés. Mais ce sont les vieux couples et pas les jeunes amants qui vont exploser ou survivre sans amour.
La comédie qui s’affirme avec drôlerie dans la première moitié du spectacle va se noircissant. A la fin, le drame s’est totalement infiltré, même si les répliques assassines continuent leur travail comique. Frédéric Tokarz veut sans doute raconter trop de choses. Il y a sans doute un nombre excessif d’événements pour que notre attention reste sur une ligne toujours évidente. Mais il y a beaucoup de bonnes scènes, notamment une courte séquence sur l’art de rembourser une dette sans la rembourser. Dans un décor qui utilise habilement des projections pour évoquer les différents lieux, les quatre interprètes ont cette liberté de jeu d’aujourd’hui qui consiste à allier la décontraction et l’intensité. Jean-Michel Lahmi et Frédéric Tokarz composent bien cette mâle assurance qui dissimule la lâcheté. Christine Anglio et Elsa Pasquier restent très sensibles dans une discrète révolte féminine. La mise en scène de Nicolas Lartigue et Frédéric Tokarz est dépouillée et rusée.

C’est pas le bon moment de Frédéric Tokarz, mise en scène de Nicolas Lartigue et Frédéric Tokarz, scénographie de Laurent Martini, lumière de Yann Legoff, costumes de Marion Malabre, musique d’Arthur Orcier, avec Christine Anglio, Jean-Michel Lahmi, Elsa Pasquier, Frédéric Tokarz.

Manufacture des Abbesses, 21 h du dimanche au mercredi tél. : 01 42 33 42 03, jusqu’au 13 novembre.

Photo Les 4.

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