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Critiques / Théâtre

Anna Karénine d’après Léon Tolstoï

par Corinne Denailles

Golshifteh Farahani, une Anna incandescente

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Avec Anna Karénine Léon Tolstoï brosse un vaste tableau critique de la société russe de la fin du XIXe siècle dans lequel il inscrit l’histoire de trois couples très différents qui illustre la recherche de l’amour et l’exigence de vérité. D’abord chaotique, le couple de Kitty et Levine finira par trouver un calme bonheur à la campagne ; le couple agité formé par Daria et Stephan Oblonski, le frère d’Anna Karénine, un insupportable coureur de jupons qui a fait six enfants à sa femme qui en attend un septième —durant toute la représentation tandis que Kitty a le temps de tomber enceinte et d’accoucher…— qu’il adore vraiment. Et puis, en majesté, Anna Karénine épouse d’Alexis Karénine et amante d’Alexis Vronski.
Gaetan Vassart a cru qu’il pourrait réduire ce roman monumental de mille pages à la question de l’émancipation des femmes qui en est un aspect important parmi d’autres. Le roman ne s’est pas plié de bonne grâce à ce déshabillage. La mise en scène juxtapose les scènes de manière un peu mécanique ; la scène du bal où la passion entre Anna et Vronski prend naissance est traitée dans une maladroite chorégraphie sur La valse à mille temps de Jacques Brel qui se demande ce qu’il fait là.
Dans l’ensemble le spectacle n’est pas déplaisant malgré son parfum d’ersatz et des costumes assez vilains ; les comédiens sont justes et la plupart ont une belle présence si ce n’est qu’on se demande pourquoi Vassart a fait du prince Vronski un individu falot et insipide qui n’a rien pour susciter la passion d’Anna, interprétée avec une grande intensité par la comédienne franco-iranienne Golshifteh Farahani. En Iran, elle jouait autant pour le théâtre que pour le cinéma. Elle est l’héroïne magnifique du film Syngué Sabour de Atiq Rahimi d’après son roman. Elle a connu une subite renommée grâce au film de Ridley Scott, Mensonges d’état et s’est vu interdite de sortie pour avoir posé les bras nus avec Leonardo di Caprio. Aujourd’hui elle a quitté l’Iran. Elle joue dans le film de Jim Jarmush Paterson en lice au festival de Cannes. Aussi belle que talentueuse, elle a l’incandescence d’une Isabelle Adjani dans certains rôles (Adèle H, Camille Claudel, mademoiselle Julie), une grâce tragique, sombre et lumineuse, une présence indiscutable.

Anna Karénine d’après Léon Tolstoï, adaptation et mise en scène Gaetan Vassart. Avec Golshifteh Farahani, Emeline Bayart, Xavier Boiffier, Sabrina Kouroughli, Xavier Legrand, Manon Rousselle, Igor Skreblin, Stanislas Stanic, Alexandre Steiger. scénographie Mathieu Lorry-Dupuy, lumières Olivier Oudiou, costumes Stéphanie Coudert, son David Geffard, vidéo Diego Governatori, dramaturgie Laure Roldan, chorégraphie Cécile Bon. Au théâtre de la tempête jusqu’au 12 juin 2016, du mardi au samedi à 20h, le dimanche à 16h ; durée 2h10. Résa : 01 43 28 36 36.

www.la-tempete.fr

© Antonia Bozzi

Tournée
4 octobre 2016 au Théâtre de Chelles
7 octobre 2016 au Théâtre de l’Olivier (Istres)
9 octobre 2016 à la Scène Nationale d’Albi
18 octobre 2016 au Théâtre de Chartres
10 et 15 novembre 2016 au Théâtre de Suresnes – Jean Vilar
du 17 au 18 novembre au Théâtre National de Nice
les 25 et 26 novembre à la Ferme du Buisson – Scène Nationale
les 28 et 29 novembre à l’Equinoxe – Scène Nationale de Châteauroux
2 décembre 2016 au Théâtre de Montélimar, 8 décembre 2016 au Théâtre de Colombes
9 décembre 2016 au Théâtre de Sens
11 décembre 2016 au Théâtre de Cesson Sévigné.

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