Accueil > Amédée de Côme de Bellescize

Critiques / Festival / Théâtre

Amédée de Côme de Bellescize

par Corinne Denailles

Question d’éthique

Partager l'article :
Version imprimable de cet article Version imprimable

Côme de Bellescize aborde courageusement la délicate question de l’euthanasie qui ne manquera pas de faire écho à l’actualité. Comme pour tempérer la violente charge émotionnelle du sujet, il allège le propos, tant que faire ce peut, en traitant certaines scènes sur un mode carrément comique. Un gamin fou de jeux vidéos et de Formule 1 a probablement confondu le réel et le virtuel. Soudain, c’est la brutalité de l’accident de la route, dans la vraie vie. On assiste, dans un beau vacarme, à l’arrivée des pompiers, à la désincarcération du corps, etc. Hospitalisé d’urgence, il émerge du coma au bout de quelques jours et se découvre tétraplégique. Il apprend à communiquer avec une machine qui affiche les lettres par pressions. Mannequin sans vie, Amédée, emprisonné dans son propre corps, a gardé toute sa lucidité et vit un enfer. On assiste à ses combats intérieurs concrètement représentés et au désarroi de ses proches. Ce spectacle aurait pu frapper fort à l’instar du grand film de Walter Thrumbo, Johnny got his gun, dans lequel un survivant de la guerre du Vietnam se retrouve ainsi enfermé dans son propre corps apparemment inerte. Mais Amédée, qui n’a pas la force de frappe de ce film, pose certes des questions fondamentales mais n’engage guère d’autre réflexion que celle qu’a pu susciter l’actualité dont le spectacle apparaît comme une illustration rapidement esquissée. Il est évident que le sujet à lui seul bouleverse ; on n’en finit pas de s’interroger sur la conduite à tenir dans de telles circonstances.
Un spectacle d’une conception un peu gauche mais très touchant.

Amédée de Côme de Bellescize ; adaptation, Jean Torrent ; Mise en scène, Côme de Bellescize. Scénographie, Sigolène de Chassy. Lumière, Thomas Costerg. Son, Lucas Lelièvre. Musique, Yannick Paget. Avec Eric Challier, Eléonore Joncquez, Vincent Joncquez, Teddy Melis, Chantal Trichet, Benjamin Wangermée. Festival d’Avignon, à L’Entrepôt à 13h45. Durée : 1h30. Tél : 04 90 86 30 37.

Le Mur d'affiches


Visitez le Mur d'Affiches...

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.