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A Vitry, 20ème édition de Nous n’irons pas à Avignon

par Dominique Darzacq

Un festival contestataire devenu incontournable

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21 compagnies, 87 représentations, 21 auteurs vivants, 17 créations et plus de 100 artistes. Sous cette énumération à la Prévert se cache une manifestation aussi singulière que festive. Singulière d’abord par son idée fondatrice, germée dans la tête de Mustapha Aouar, comédien, metteur en scène, créateur en 1996 de Gare au théâtre, vivier de créations pluridisciplinaires, installé – d’où son nom - dans l’ancienne gare de Vitry construite en 1860.
Directeur actif, préférant la palpitation de nouvelles aventures au train-train des habitudes, Mustapha Aouar a eu, explique-t-il « l’idée un peu folle de proposer aux artistes de rester à Vitry plutôt que de s’épuiser – et d’épuiser leur porte-monnaie – sous la chaleur écrasante de la Cité des Papes ». S’y ajoutait l’objectif de créer une manifestation estivale en banlieue.
Si hier, - il y a tout juste vingt ans -, la manifestation avait quelques saveurs contestataires, elle s’est, au fil des éditions, fortement installée dans notre paysage culturel et est devenue un moment incontournable de rencontres autour de créations légères, innovantes où seuls comptent « les écritures contemporaines et les dispositifs scéniques qui inventent de nouveaux rapports au public ».

Du 4 au 22 juillet, le programme changeant toutes les semaines, ce ne sont pas moins de sept spectacles par jour de 15h à 21h qui sont proposés à notre curiosité en une programmation foisonnante qui n’oublie pas le jeune public et où cohabitent toutes les disciplines ( théâtre, danse, musique, marionnettes, théâtre d’objets d’ombres ou masqué)
Nombreuses sont les compagnies présentes qui s’intéressent au décloisonnement des arts et à l’utilisation de la vidéo tel le collectif Diptyque qui s’empare du texte ludique du malicieux Jacques Rebotier, La vie est courbe où il est question de solitude et du temps qui passe, pour nous immerger « par le son et la vidéo dans l’univers parfois familier, inquiétant ou fou d’une salle de bain ».

Tandis qu’avec J’habite une blessure sacrée , la compagnie chorégraphique Boukousou, qui mixe danse contemporaine et inspiration afro-caribéenne, examine comment transformer le chaos du monde et comment résonne dans notre corps la violence de l’oppression, de son côté, le théâtre d’ombres et d’objets Frontières,de la Cie Les Rémouleurs, retrace le dur parcours d’un migrant, Ulysse de nos mauvais temps affrontant sans cesse, passeurs, policiers et barbelés. Notre relation à l’autre, à l’étranger, à l’intrus, c’est ce dont nous parle avec Ici, Là-bas , la Cie Héliotropion, qui pour ce faire a conçu une pièce chorégraphique et sonore, inspirée des textes d’Ellis Island et Georges Perec.
« Je mets un point d’honneur à traiter des problèmes contemporains pourvu qu’ils brûlent » explique Ronan Chébeau qui, avec Res/Persona aborde celui de la jeunesse d’aujourd’hui. « Je peux avoir 25 ans et une furieuse envie de vivre ! » clame le protagoniste du monologue qui, avec la Compagnie Major, devient une manière de duo. Entre parole intime et parole politique, projections de photos et musique électro-live, un garçon et une fille font l’état des lieux de leur vie et témoignent de leur époque. Elle est la nôtre.
Pour sa part et avec 68 et après ? , le maître des lieux a concocté à sa façon et autour de textes de l’écrivain, dramaturge belge, Nicolas Ancion, un spectacle musical avec contrebasse ( Eric Recordier) et guitare (Aurélien Rozo) qui tisonne les engagements d’hier pour mieux interroger ceux d’aujourd’hui, ou plutôt leur absence en ces temps déboussolés où « nos écrans nous ont avalés ». « J’utilise mon stylo pour gratter un peu partout où le monde me démange » aime à dire Nicolas Ancion. Une déclaration qui pourrait bien servir d’exergue à l’ensemble de cette 20ème et ultime édition. En effet, pour Mustapha Aouar le meilleur moyen de célébrer les vingt ans d’existence de Nous n’irons pas à Avignon, est de réfléchir à son renouveau, de réactiver autrement les rêves de partage et de rencontres. Et puisque mieux vaut réfléchir à plusieurs que tout seul dans son coin, pour le 14 juillet, il invite le public à « brainstormer » avec les équipes et les artistes. Entre grands débats et petites tables rondes, les participants pourront selon leur désir - et comme pendant toute la durée du Festival - se restaurer au bar, rencontrer les auteurs, ou encore se relaxer dans un transat. Et que la fête commence !

Nous n’irons pas à Avignon du 4 au 22 juillet
Gare au Théâtre à Vitry/ Seine 13 rue Pierre Sémard tel 01 55 53 22 22
contact gareautheatre.com.

Photos 1 : ©David Mohen, 2 : J’habite une blessure sacrée ©Willy Vainqueur

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