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4ème édition des Transversales à Vitry/Seine

par Dominique Darzacq

Le Théâtre Jean-Vilar jette des ponts entre les rives de la Méditerranée

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Avec Les Transversales, Festival des arts mélangés de Méditerranée, créées en 2016, le Théâtre Jean-Vilar poursuit en l’amplifiant le travail amorcé en 2011 dont l’objectif était d’organiser des échanges artistiques entre les deux rives de la Méditerranée. « Après la révolution de Jasmin qui a lancé ce qui est devenu le Printemps arabe, chacun a pris conscience de la vitalité de la création artistique de ces pays et, au Théâtre Jean-Vilar, nous avons souhaité rendre à la Méditerranée sa place de pont, de trait d’union entre les peuples ; un rôle qu’elle a joué pendant des millénaires » , explique Nathalie Huerta qui, après avoir été l’adjointe de Gérard Astier, le directeur, lui a succédé en 2014.

C’est pour rendre plus visible la « diversité d’écritures artistiques ancrées dans une histoire, une géographie », et dans lesquelles l’art et la politique vont souvent à l’emble, faire en sorte que les allers et retours entre les rives orientales et occidentales ne soient plus disséminées au cours d’une programmation, mais qu’ils en soient un moment phare, que la nouvelle directrice artistique a créé Les Transversales. Théâtre, danse, musique constituent cette nouvelle édition qui a pour fil conducteur, « la lutte contre l’oppression, les carcans et tout ce qui enferme ». Comment se comporte un corps entièrement dissimulé sous ce voile intégral qu’est le niquab ? C’est ce qu’explore la danseuse chorégraphe d’origine tunisienne, Héla Fattoumi avec Manta co-écrit avec Eric Lamoureux. « Ces dix dernières années, le port du hijab largement commenté dans les médias a été pour moi qui, jamais, n’ai dû m’y soumettre, le creuset de questionnements complexes » explique Héla Fattoumi qui, sur un rythme lancinant entre étouffement et libération, propose un bouleversant et magnifique solo et livre sans démagogie son point de vue sur une des brûlantes questions qui traversent la société française aujourd’hui (18 avril).
De son côté, c’est à une remise en cause du carcan des modèles esthétiques en vigueur que se livre le chorégraphe marocain Taoufiq Izeddiou avec Botero en Orient , opus imaginé à l’ombre du plasticien colombien pour qui « le volume est une exaltation de la vie et de la sensualité ». Dans l’opulence de leurs corps, la grâce de leurs mouvements le chorégraphe et ses danseurs, tous en surpoids, « font surgir une beauté inattendue tout à la fois brute et fragile » (12 avril).

Côté théâtre, cette 4ème édition met à l’affiche deux auteurs d’origine syrienne. Ce sera d’abord Wael Kadour, accueilli comme réfugié en France depuis 2015 et qui dans ses pièces évoque la réalité syrienne et les tensions qui traversent le Moyen Orient en mêlant l’intime et le politique. C’est dans cette veine que s’inscrit Chronique d’une ville qu’on croit connaître , pièce dans laquelle l’auteur s’interroge sur le suicide d’une jeune femme en 2011, alors que la révolution se met en marche dans tout le pays. Revenant sur cette disparition à la manière d’une enquête, l’auteur fait retour sur l’histoire de la Syrie et dévoile en creux la violence de son régime (10 avril).
A travers l’atelier qu’organisent une réalisatrice et un metteur en scène auprès de prisonniers radicalisés, avec Ô toi que j’aime , l’auteur metteur en scène Fida Mohissen « invite le public à un voyage poétique et sensible où le théâtre se mêle au conte, la musique et la vidéo comme un premier pas vers de possibles rencontres dans la différence ».

Tout commencera le 8 avril par un spectacle aussi alléchant que singulier, Gilgamesh épopée , un opéra sans chant ni voix, pour « huit instrumentistes, électronique et vidéo », conçu par Zad Moultaka. Plasticien autant que musicien, cet artiste franco- libanais qui se plait à confronter les instruments traditionnels orientaux aux instruments baroques occidentaux, s’empare du héros légendaire de l’ancienne Mésopotamie, emmêle les sons méditerranéens à la suavité baroque d’un des plus anciens récits de l’humanité projeté sur écran. « L’angoisse de la mort est un leitmotiv qui hante notre existence depuis le commencement. Chaque civilisation y apporte son remède, le nôtre se réfugie avec cynisme dans un déni qui nous pousse vers un excès de matérialisme et de consumérisme désespéré, car les dieux ont depuis longtemps déserté nos contrées. D’où l’urgence de ce texte pour nous mettre face à nos incertitudes et nous ramener peut-être vers plus d’humanité », explique Zad Moultaka qui nous invite à un fabuleux et passionnant voyage pour peu que nous tendions l’œil et l’oreille.

Les Transversales. Festival des arts mélangés de Méditerranée
Théâtre Jean-Vilar à Vitry sur Seine du 8 au 18 avril
Prix des places de 8 à 18€ (navette A et R depuis le Châtelet)
Tel 01 55 53 10 70 contact theatrejeanvilar.com

Photos « Manta » ©Laurent Philippe, « Botero en Orient © Dorothea Tuch

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