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Je ne comprends absolument pas l’enthousiasme de la presse pour cet opéra (Bartleby, pas "La Voix humaine", qui était très bien), qui n’a manifestement convaincu personne dans la salle. De nombreux sièges étaient vides et les applaudissements manquaient pour le moins d’enthousiasme.
J’aurais sans doute dû me méfier dès le départ, quelques jours avant la représentation les places étaient bradées à 5 euros. Un signe qui ne trompait pas.
J’y suis allé accompagné de plusieurs amis amateurs d’opéra, et le constat est unanime : ce fut un échec. S’il fallait résumer cette production en un mot, ce serait « paresseuse ».
Paresseuse dans ses décors sans imagination ou on se cache derrière le minimalisme pour expliquer le manque d’effort. Paresseuse dans les costumes, sans véritable identité (et pourquoi utiliser un mac à Wall Street, au XIXe siècle ?). Paresseuse enfin dans l’interprétation musicale et vocale, qui manque cruellement d’engagement. La musique était mauvaise, il n’y a pas un seul morceaux mémorable. L’orchestre était très bien, mais la composition était... Paresseuse, peu originale, réchauffée, peu inspirée et peu mémorable. Rien, ni dans la mise en scène, ni dans la musique, ne justifie que cet opéra soit remis à l’affiche.
On a surtout le sentiment que Benoît Mernier s’est contenté du strict minimum, sans jamais chercher à dépasser une exécution fonctionnelle. Plus surprenant encore, la presse semble avoir salué ce manque d’ambition à coups de critiques élogieuses, ce qui interroge franchement. Y avait-il réellement des journalistes dans la salle ce soir-là ?
Même une artiste comme Patrizia Ciofi, pourtant reconnue pour son talent, semble ici mal dirigée et sous-exploitée, et finalement décevante.